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Concert de l’Académie de l’Opéra de Paris – L’anti-Brexit – Compte rendu

Baptisé « La Nuit et l’Amour » (la salle pleine montre que ce genre de titre racoleur fonctionne), le concert proposé par l’Académie de l’Opéra de Paris pourrait être plus sobrement résumé comme « Six décennies de création lyrique en France et en Grande-Bretagne ». Le morceau donné en guise d’ouverture a le double mérite d’introduire une compositrice dans un parcours exclusivement masculin par ailleurs, et une compositrice franco-britannique, puisqu’il s’agit d’Augusta Holmès, dont le très massenétien interlude de Ludus Pro Patria – entendrons-nous un jour le reste de cette œuvre ambitieuse ? – permet à l’Orchestre de l’Opéra national de Paris de se faire entendre à découvert, sous la direction attentive de l’également franco-britannique Stephanie Childress.

© Vincent Lappartient - OnP
Les extraits de Dialogues des carmélites permettent d’entendre la pétillante Constance de Sima Ouahman et révèlent une Isobel Anthony très à son affaire en Blanche, alors que Bergsvein Toverud reste un Chevalier de la Force assez froid, mais le ténor américano-norvégien éclatera littéralement en fin de concert, Gonzalve lui permettant de manifester une nature comique insoupçonnée tout en déployant une grande voix dont le poète ridicule est rarement gratifié.
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Stéphanie Childress, Amandine Portelli & Clemens Frank © Vincent Lappartient - OnP
Ravel conclut la soirée avec l’air de la Princesse de L’Enfant et les sortilèges, interprété avec beaucoup de délicatesse par Neima Fischer, avant les dernières scènes de L’Heure espagnole, que la seule présence de la stupéfiante Amandine Portelli suffirait à justifier. Après avoir prononcé quelques répliques en Mère Marie, après avoir participé en Auntie et en Hermia au deux quatuors britténiens, la mezzo-soprano française campe une irrésistible Concepción, aux côtés de Luis-Felipe Sousa en Don Iñigo et Matthew Goodheart en Torquemada, entre autres. Comédienne superlative et dotée d’une voix comme on en entend trop peu souvent, Amandine Portelli est incontestablement le talent sur lequel on misera sans réserve pour l’avenir.
Laurent Bury

Palais Garnier, 20 janvier 2026
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