Jean-Philippe RAMEAU

Jean-Philippe Rameau (Né à Dijon le 25 septembre 1683 et mort à Paris le 12 septembre 1764) est un compositeur français et théoricien de la musique.

L`œuvre lyrique de Rameau forme la plus grande partie de sa contribution musicale et marque l`apogée du classicisme français, dont les canons s`opposèrent avec force à ceux de la musique italienne jusque tard au cours du XVIIIe siècle. Dans ce domaine, la création la plus célèbre du compositeur est sans conteste l`opéra-ballet Les Indes galantes (1735). Cette partie de sa production est curieusement restée oubliée pendant près de deux siècles, mais bénéficie aujourd`hui d`un mouvement de redécouverte. Ses œuvres pour clavecin, en revanche, ont toujours été présentes au répertoire : Le Tambourin, L`Entretien des Muses, Le Rappel des Oiseaux, La Poule, entre autres pièces connues, furent jouées au XIXe siècle (au piano) à l`égal de celles de Bach, Couperin ou Scarlatti.

Rameau est généralement considéré comme le plus grand musicien français avant le XIXe siècle, et comme le premier théoricien de l`harmonie classique : ses traités d`harmonie, malgré certaines imperfections, font toujours figure de référence.

Pendant les sept années de 1733 à 1739, Rameau donne toute la mesure de son génie et semble vouloir rattraper le temps perdu en composant ses œuvres les plus emblématiques : trois tragédies lyriques (après Hippolyte et Aricie, Castor et Pollux en 1737 puis Dardanus en 1739) et deux opéras-ballets (Les Indes galantes en 1735 et Les Fêtes d`Hébé en 1739). Ce qui ne l`empêche pas de poursuivre ses travaux théoriques : en 1737 son traité sur la Génération harmonique reprend et développe les précédents traités. L`exposé, destiné aux membres de l`Académie des sciences, débute par l`énoncé de douze propositions et la description de sept expériences par lesquelles il entend démontrer que sa théorie est fondée en droit car provenant de la nature, thème cher aux intellectuels du siècle des Lumières.

Dès 1733, Rameau et Voltaire envisagent de collaborer sur un opéra sacré intitulé Samson : l`abbé Pellegrin a connu son plus grand succès en 1732 avec un Jephté mis en musique par Montéclair, ouvrant ainsi ce qui paraît une voie nouvelle. Voltaire peine à composer son livret : la veine religieuse n`est pas vraiment la sienne ; les contretemps surviennent avec son exil de 1734 ; Rameau lui-même, enthousiaste au début, se lasse d`attendre et ne semble plus très motivé ; pourtant des répétitions partielles ont lieu. Cependant, le mélange des genres, entre le récit biblique et l`opéra qui appelle les intrigues galantes, n’est pas du goût de tous, en particulier des autorités religieuses. En 1736, la censure interdit l`ouvrage, qui ne sera jamais terminé ni, bien sûr, représenté. Le livret n`a pas été perdu mais édité par Voltaire quelques années plus tard ; la musique de Rameau est vraisemblablement réutilisée dans d`autres œuvres, sans qu`on sache l`identifier.

Qu`importe puisque 1735 voit la naissance d`un nouveau chef-d`œuvre, l`opéra-ballet Les Indes galantes, probablement l`œuvre scénique la plus connue, également le sommet du genre. Le coup d`essai de Rameau dans le domaine de la tragédie en musique a été un coup de maître : il en est de même dans celui, plus léger, de l`opéra-ballet mis au point par André Campra en 1697 avec le Carnaval de Venise et l`Europe galante. La similitude des titres ne laisse place à aucune surprise : Rameau exploite la même veine à succès mais recherche un peu plus d`exotisme dans des Indes très approximatives qui se trouvent en fait en Turquie, en Perse, au Pérou ou chez les Indiens d`Amérique du Nord. L`intrigue ténue de ces petits drames sert surtout à introduire un « grand spectacle » où les costumes somptueux, les décors, les machineries, et surtout la danse tiennent un rôle essentiel. Les Indes galantes symbolisent l`époque insouciante, raffinée, vouée aux plaisirs et à la galanterie de Louis XV et de sa cour.

Maintenant célèbre, il peut ouvrir, à son domicile, une classe de composition.

Le 24 octobre 1737 est créée la deuxième tragédie lyrique, Castor et Pollux sur un livret de Gentil-Bernard, lui aussi rencontré chez la Pouplinière. De l`avis général, le livret narrant les aventures des divins jumeaux amoureux de la même femme est un des meilleurs qu'ait traités le compositeur (même si le talent de Gentil-Bernard ne mérite pas l`appréciation dithyrambique de Voltaire à son égard). L`œuvre bénéficie d`une musique admirable quoique moins audacieuse que celle d`Hippolyte et Aricie.

Coup sur coup en 1739, c`est la création des Fêtes d`Hébé (second opéra-ballet) et de Dardanus (troisième tragédie lyrique). Si la musique de Rameau est toujours plus somptueuse, les livrets se font de plus en plus indigents : ils doivent être rapidement remaniés afin d`en cacher les défauts les plus criants.

Les Fêtes d`Hébé connaissent un succès immédiat mais l`abbé Pellegrin est appelé pour améliorer le livret (particulièrement la deuxième entrée) après quelques représentations. La troisième entrée (la Danse) est particulièrement appréciée avec son caractère pastoral envoûtant - Rameau y réutilise, en l`orchestrant, le fameux Tambourin du second livre de clavecin qui contraste avec une des plus admirables musettes qu'il ait composées, tour à tour jouée, chantée et en chœur.

Quant à Dardanus, peut-être musicalement la plus riche des œuvres de Rameau, la pièce est initialement mal reçue par le public, du fait de l`invraisemblance du livret et de la naïveté de certaines scènes : modifié après quelques représentations, l`opéra est quasiment réécrit, dans ses trois derniers actes, pour une reprise en 1744 : il s`agit presque d`une œuvre différente. 

Rameau réapparaît sur la scène lyrique en 1745 et va, cette année-là, quasiment la monopoliser avec cinq nouvelles œuvres. La Princesse de Navarre, comédie-ballet dont le livret est dû à Voltaire, est représentée à Versailles le 23 février à l`occasion du mariage du Dauphin. Platée, comédie lyrique d`un style inédit, est créée à Versailles le 31 mars ; dans le registre comique, c`est le chef-d`œuvre de Rameau qui a même acheté les droits du livret pour pouvoir au mieux l`adapter à ses besoins. Les Fêtes de Polymnie, opéra-ballet, est créé à Paris le 12 octobre. Le Temple de la Gloire, opéra-ballet dont le livret est à nouveau de Voltaire, est représenté à Versailles le 27 novembre. Enfin, Les Fêtes de Ramire, acte de ballet, est représenté à Versailles le 22 décembre.

Rameau devient le musicien officiel de la cour : il est nommé Compositeur du Cabinet du Roi au mois de mai, et reçoit une pension de 2000 livres.

Après le « feu d`artifice » de 1745, le rythme de production du compositeur va ensuite se ralentir, mais Rameau va produire pour la scène, de façon plus ou moins régulière, jusqu’à la fin de sa vie, et sans abandonner ses recherches théoriques ni, bientôt, ses activités polémiques et pamphlétaires : ainsi, il compose en 1747 Les Fêtes de l`Hymen et de l`Amour et, cette même année, sa dernière œuvre pour le clavecin, une pièce isolée, La Dauphine ; en 1748, la pastorale Zaïs, l`acte de ballet Pygmalion, l`opéra-ballet Les Surprises de l`Amour ; en 1749, la pastorale Naïs, et la tragédie lyrique Zoroastre où il innove en supprimant le prologue qui est remplacé par une simple ouverture ; enfin en 1751, l`acte de ballet La Guirlande et la pastorale Acanthe et Céphise. En 1753, il compose la pastorale héroïque Daphnis et Églé, une nouvelle tragédie lyrique (Linus), la pastorale Lysis et Délie - ces deux dernières compositions ne sont pas représentées et leur musique est perdue - ainsi que l`acte de ballet Les Sybarites. En 1754 sont encore composés deux actes de ballet : La Naissance d`Osiris (pour célébrer la naissance du futur Louis XVI) et Anacréon ainsi qu`une nouvelle version de Castor et Pollux.

Ses pièces continuent à être représentées, parfois par déférence envers le vieux compositeur : en 1756, une seconde version de Zoroastre ; en 1757, Anacréon, nouvelle entrée ajoutée aux Surprises de l`Amour et en 1760, Les Paladins, comédie-ballet dans un style renouvelé, cependant qu`il continue à régler ses comptes, par écrit, avec l`Encyclopédie et les philosophes.

Ses derniers écrits, notamment L`Origine des sciences sont marqués par son obsession à faire de l`harmonie la référence de toute science, propre à étayer l`opinion de Grimm qui en vient à parler de « radotage » de « vieux bonhomme ».

Rameau - qui est anobli au printemps 1764 - garde toute sa tête et compose, à plus de quatre-vingts ans sa dernière tragédie en musique, Les Boréades, œuvre d`une grande nouveauté, mais d`une nouveauté qui n`est plus dans la direction que prend alors la musique. Les répétitions commencent au début de l`été 1764 mais la pièce ne sera pas représentée : Rameau meurt d`une « fièvre putride » le 12 septembre 1764. Les Boréades attendront plus de deux siècles leur création triomphale à Aix-en-Provence en 1982.

Le grand musicien est inhumé dès le lendemain à l`église Saint-Eustache. Plusieurs cérémonies d`hommage ont lieu, dans les jours qui suivent, à Paris, Orléans, Marseille, Dijon, Rouen. Sa musique de scène continue, comme celle de Lully, d`être exécutée jusqu’à la fin de l`Ancien Régime, puis disparaît du répertoire pendant plus d`un siècle.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Philippe_Rameau

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