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​Victor Demarquette et l’Orchestre & Chœur Étésias (dir. Clément Pottier / Romane Belliot) à la salle Cortot – Talents unis – Compte rendu

 

 
On a déjà eu l’occasion de vous signaler, il y a un petit moment, le talent de Clément Pottier, jeune chef (né en 2002), fondateur de l’Orchestre Étésias (1) et, bien plus récemment, celui de Victor Demarquette (né en 2004) (2). Ce dernier avait rendez-vous il y a peu avec C. Pottier et ses troupes pour un concert marquant le début d’un partenariat de trois ans entre Étésias et la salle Cortot.
Rien de plus logique que la présence de Victor Demarquette et Clément Pottier pour ce concert inaugural quand l’on sait que le premier a été formé à l’Ecole Normale de Musique dans la classe de Rena Shereshevskaya et que le chef a pour sa part étudié dans celle de Dominique Rouits et de son successeur, Julien Masmondet.
 
Envie commune

 
Clément Pottier ouvre la soirée avec la Symphonie op. 12 n° 5 (1869) de François-Joseph Gossec. Un compositeur certes oublié aujourd’hui mais qui, en son temps, exerça de l’influence, sur le jeune Beethoven entre autres. La Symphonie en mi bémol majeur n’est pas impérissable, mais trouve en Clément Pottier et ses instrumentistes des interprètes plein d’élan, très nuancés dans l’Andante moderato, sous une battue d’une élégance et d’une fluidité remarquables. Un prélude original, et historiquement pertinent donc, au Concerto n° 3 de Beethoven que Victor Demarquette aborde pour la toute première fois en concert. N'ergotons pas sur quelques petits défauts de réglage, qui apparaissent bien véniels par rapport à l’envie commune avec laquelle le soliste et l’orchestre s’emparent du Concerto en ut mineur dont on savoure le Largo, expressif, d’une grande finesse de coloris, jamais surchargé, et un Rondo piaffant et conquérant. Souvenirs et prédictions ...

 

© Yanis Saglio

 
Une cheffe de chœur à suivre
 
On avait déjà eu l’occasion de juger des qualités de Victor Demarquette et Clément Pottier, jamais encore de celles de Romane Belliot, fondatrice du Chœur Étésias. Elève de Pierre-Louis de Laporte en direction de chœur au CRR de Paris et en activité à la Maîtrise Saint-Christophe-de-Javel et à la Pré-Maîtrise de Notre-Dame de Paris, la jeune femme donne la mesure de son art au cours d’une seconde partie de programme accompagnée par le piano très complice de Victor Demarquette et pour laquelle Clément Pottier – venu on le sait à la direction d’orchestre par le chant choral à la Jeune Académie Vocale d’Aquitaine – prend place en toute en simplicité parmi les chanteurs (il possède une fort jolie voix de ténor).

 

Romane Belliot © Hervé Mahé

Un bouquet de pièces françaises (deux numéros des 12 Rondels de Hahn, Madrigal et Les djinns de Fauré, L’Absent de Gounod et Nuits d’étoiles de Debussy, deux mélodies arrangées pour chœur par Denis Rouger, montrent une homogénéité et un sens de l’équilibre admirables et, par-delà l’aspect technique, une perception aussi juste que poétique des caractères et de l’esprit de pages où il est aisé de tomber dans la mièvrerie. Le public ne s’y trompe pas, gratifié en bis de L’Absent et d’un superbe Paul Ladmirault (Le Batelier).

Un pianiste et un chef à suivre de près, vous le saviez ; on peut en dire autant de Romane Belliot.
 
Alain Cochard
 

Paris, Salle Cortot, 19 janvier 2026

(1) www.concertclassic.com/article/portrait-de-clement-pottier-chef-et-fondateur-de-lorchestre-etesias-une-baguette-suivre
 
www.orchestre-choeur-etesias.com/direction-musicale
 
(2) www.concertclassic.com/article/victor-demarquette-en-recital-au-theatre-des-abbesses-radieuse-presence-compte-rendu
 
 
Photo © Yanis Saglio

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