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Lakshamirayana Subramaniam, Gábor Takács-Nagy et l’Orchestre de chambre de Paris [Paris, 6 mai] – Le violon voyageur

Les choix en matière de chefs invités constituent un aspect essentiel dans la réussite de la politique artistique d’un orchestre. Reconnaissons qu’à L’Orchestre de chambre de Paris, ils s’avèrent aussi pertinents qu’enrichissants pour une formation dont le niveau a considérablement progressé depuis quelques années.
CPE Bach (1ère Symphonie hambourgeoise), Beethoven (Concerto n° 1 et Symphonie n° 2) : l’OCP excelle dans ce répertoire entre deux époques et le concert dirigé par Andrea Marcon début avril s’est révélé d’une stimulante écoute (même si côté clavier, Alexander Gadjiev, dont c’était la première apparition à Paris, aurait pu, à notre goût, oser un peu plus de subjectivité).
Après Andrea Marcon, un autre chef très fidèle à l’orchestre sera présent le 6 mai, au Châtelet cette fois : Gábor Takács-Nagy. De son activité au sein d’un illustre quatuor dont il fut le violoniste fondateur, l’artiste hongrois a gardé une conception très chambriste de la musique, idéale face un effectif tel que celui de l’OCP.

Gábor Takács-Nagy © Caroline Doutre
Pour prolonger le souvenir de « Bach in India »
Au bonheur d’entendre Takács-Nagy s’ajoutera – pour ceux qui étaient à la Philharmonie de Paris le 4 octobre 2015 – celui de retrouver celui que l’on a surnommé « le dieu du violon indien », Lakshamirayana Subramaniam (photo), grande figure de la musique – dite carnatique – de l’Inde du Sud. Il a laissé un très grand souvenir avec un programme « Bach in India », dirigé par Josep Vincent, où on le vit entre autre dialoguer avec Amandine Beyer dans Tribute to Bach. Cette fois, pour cette pièce, l’artiste indien (né en 1947) sera au côté de son fils Ambi (né en 1991), lui aussi violoniste et compositeur. On entendra également le Paris Concerto pour violon indien, écrit spécialement pour l’OCP. C’est par le dialogue des archets que de terminera la soirée avec Conversations, pièce très jazzy que Subramaniam a composée il y a quelques lustres – et enregistrée avec Stéphane Grappelli !
Sans oublier Bach et Mendelssohn
Le répertoire occidental n’a pas été oublié. Il sera représenté par le Concerto pour hautbois et violon BWV 1060R de Bach (adaptation par l’auteur du 2 clavecins BWV 1060) – confié à Ilyes Boufadden-Adloff, remarquable hautbois solo de l’OCP, et au non moins admirable archet de Deborah Nemtanu – et la Symphonie n° 3 « Écossaise » de Mendelssohn. Une partition dont Takács-Nagy promet de se régaler avec la complicité des instrumentistes parisiens. Car entre le chef et l’OCP, le courant passe !
Alain Cochard

Orchestre de chambre de Paris, dir. Gábor Takács-Nagy / Lakshamirayana Subramaniam, Ami Subramaniam, violon indien ; Ilyes Boufadden-Adloff, hautbois, Deborah Nemtanu, violon.
Œuvres de L. Subramaniam, Bach, Mendelssoh
6 mai 2026 – 20h
Paris - Théâtre du Châtelet
www.concertclassic.com/concert/subramaniam-bach-mendelssohn
Photo © Jatin Kampani
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