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La Clémence de Titus à l’Opéra de Nice [du 30 janv. au 5 fév.] – Quand Mozart flaire l’homme politique ...

 

 
Ils sont de retour ! Un an après une production très réussie de Juliette, ou la clé des songes de Martinu (1), Philippe Clarac et Olivier Deloeuil (photo) retrouvent l’Opéra de Nice pour la Clémence de Titus de Mozart. Qu’une fidélité se noue entre la maison à laquelle Bertrand Rossi a su apporter un nouveau souffle depuis qu’il en a pris les rênes en 2019 et cet inventif duo de metteurs en scène ne peut que réjouir le public.

Une épaisseur humaine incroyable
 
Vieille connaissance que Mozart pour des artistes qui ont déjà mis en scène Mitridate et la Trilogie Da Ponte. Avec le dernier opéra de l’Autrichien – le dernier commencé en tout cas puisque sa rédaction intervint dans le cours de celle de la Flûte enchantée –, Clarac & Deloeuil s’attaquent à un ouvrage à forte dimension politique : « Mozart “flaire” parfaitement à quel point l’homme politique est aussi et avant tout un être humain, avec ses doutes, ses faiblesses, ses désirs, ses failles..., soulignent-ils. Cela procure une dimension très intéressante à ces personnages, qui sont d’une épaisseur humaine incroyable – et nous sommes ici bien loin du chef d’Etat présenté comme un demi-dieu ou autre héros infaillible ! »

 

© Opéra de Nice

Par le prisme de Vitellia
 
Comme on en a l’habitude avec ces metteurs en scène, la vidéo (signée Pascal Boudet) jouera un rôle essentiel dans déroulement du drame et dans la vision qui sera offerte des personnages, en particulier Vitellia puisque, précisent-ils, « sans chercher à minimiser en rien l’importance de Titus dans l’économie de ce drame, c’est sur [elle] que nous avons choisi de porter notre prisme. C’est à travers elle que nous voyons l’action. »
À l’impatience de découvrir l'approche singulière de Clarac & Deloeuil s’ajoute évidemment les atouts vocaux et musicaux d’une Clemenza servie par une distribution de grande tenue emmenée par Enea Scala, Anaïs Constans (photo) et Marion Lebègue. Et pour que le bonheur soit complet, un magnifique chef, trop rare en France, Kirill Karabits dirigera l’Orchestre Philharmonique de Nice pour quatre représentations (30 janvier, 1er, 3 et 5 février).
 
Alain Cochard

 

 
(1) www.concertclassic.com/article/juliette-ou-la-cle-des-songes-de-martinu-lopera-de-nice-cadavres-exquis-compte-rendu
 
 
Mozart : La Clémence de Titus
30 janvier, 1er, 3 et 5 février 2026
Nice – Opéra
www.opera-nice.org/fr/evenement/1276/la-clemence-de-titus

Photo © Opéra de Nice
 

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