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​« Hoffmann et ses doubles » par l’Orchestre de chambre de Paris [Paris, 29 janv.] – Au cœur du romantisme allemand

 

1776 – 2026 : il y deux siècles et demi, un 24 janvier très précisément, Ernst Theodor Wilhem Hoffmann naissait à Königsberg. À côté de son alimentaire activité de juriste dans l’administration prussienne, il vécut passionnément pour l’art et, d’abord, pour la musique. Immodéré, son amour pour celle de Mozart le conduisit à changer de troisième prénom et à délaisser Wilhem au profit ... d’Amadeus !
Compositeur il fut, mais c’est surtout par ses écrits qu’ETA Hoffmann marqua en profondeur son époque. L’admirateur de Don Giovanni sut aussi – dans des commentaires fameux des 5ème et 6ème Symphonies – se faire l’avocat du génie beethovenien : « La musique instrumentale de Beethoven, s’enflammait-il, nous ouvre elle aussi le royaume de l’immense et de l’incommensurable. Des rais incandescents zèbrent sa nuit obscure. La musique de Beethoven suscite le frisson, la crainte, l’épouvante, la douleur. »
Conteur, romancier, l’auteur des Elixirs du Diable s’impose comme l’un des pères de la littérature fantastique et son influence les compositeurs, Robert Schumann au premier chef mais d’autres aussi, fut considérable.

 

Lambert Wilson © Igo Shabalin

 
Une soirée musicale et littéraire
 

Les curieux de programmes atypiques vont à coup sûr faire leur miel de l’hommage que l’Orchestre de Chambre de Paris rend à ETA Hoffmann le 29 janvier au Châtelet. Une soirée la fois musicale et littéraire qui, côté textes, pourra compte sur la participation de Lambert Wilson – nul doute qu’il fera revivre la figure de Kreisler, le maître de chapelle fou. A la tête l’orchestre, l’Allemande Ustina Dubitsky (photo) offrira la Symphonie en mi bémol majeur de Hoffmann ; l’ouverture de Don Giovanni de Mozart et deux extraits d’Orphée et Eurydice de Gluck.
Comme l’OCP aime à le pratiquer, la musique de chambre et le piano solo trouveront aussi leur place, grâce au piano de Jean-Frédéric Neuburger, à la clarinette de Florent Pujuila et à l’alto de Jossalyn Jensen. Schumann ne pouvait faire défaut à tel projet hoffmannien : outre le rare Introduction et Allegro appassionato pour piano et orchestre op. 92, on entendra des extraits des Kreisleriana – forcément, et nul ne s’en plaindra ! La musique française sera présente en outre avec une compositrice oubliée, Juliette Dillon (1823-1854), et certains de ses Dix contes fantastiques de Hoffmann pour piano solo que l'écrivain lui inspira à la fin des années 1840. Enfin, bien plus proche de nous « Es war einmal », N°1 des Fünf Stücke im Märchenton pour clarinette, alto et piano (2015), de Jörg Widmann tiendra lieu de clin d’œil du XXIe siècle au romantisme allemand.
 
Alain Cochard

 

« Hoffmann et ses doubles »
Œuvres Hoffmann, Schumann, Dillon, Gluck & Widmann
29 janvier 2026 - 20h
Paris – Théâtre du Châtelet
www.orchestredechambredeparis.com/concert/hoffmann-et-ses-doubles/
 
 
Photo © Jean-Baptiste Millot

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