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20e Festival Présences - In Memoriam Olivier Greif

« Présences », le festival de musique contemporaine de Radio France, demeure fidèle à la formule fragmentée adoptée il y a quelques années, de préférence à un bloc trop long et trop compact, mais la province ne profitera pas de l’édition qui commence bientôt. Après deux week-ends parisiens, en octobre et novembre, la manifestation s’envolera en effet vers la Chine l’an prochain pour quatre journées (30/04, 1, 2, 4/05) inscrites dans le programme de l’Exposition universelle de Shanghai.

Pour l’instant l’attention se concentre sur la Maison de la Radio France, cadre d’un premier week-end marqué par un hommage à Olivier Greif. «On appréciera ma musique au siècle prochain », avait dit l’artiste subitement disparu en 2000 à l’âge de cinquante ans. Un certain terrorisme esthétique appartenant désormais au passé, la presque décennie écoulée depuis la mort de Greif a permis de prendre la mesure de celui qui – horresco referens ! – osa en 1972 intituler l’un de ses ouvrages pour piano… « Le Triomphe de la Tonalité » ! Mais il reste encore beaucoup à découvrir(1) dans le long (près de 350 opus ; dont 22 sonates pour piano !) et très varié catalogue d’un créateur admirateur de Poulenc, Chostakovitch, Berio - qui fut l’un de ses maîtres - et Britten, devancier auquel une évidente filiation esthétique le rattache.

« Présences » a eu l’excellente idée de faire de quelques ouvrages de Greif le fil rouge de son premier week-end. Le bonheur n’est pas mince réentendre le Concerto pour violoncelle « Durch Adams Fall » par Henri Demarquette, qui fut son créateur à Paris en 1999 à Notre-Dame aux côtés d’un tout jeune chef dont on reparle beaucoup depuis : Jérémie Rohrer. Cette fois Jean-Claude Casadesus sera au pupitre, à la tête de ses musiciens lillois.

Les Lettres de Westerbork pour mezzo et deux violons sont par ailleurs confiées (en création française) à Andréa Hill, Hélène Collerette et Florent Brannens, tandis que le concert de clôture du week-end comporte la première de l’orchestration par Fabien Waksman d’un ouvrage pour piano à quatre mains de Greif, «Le tombeau de Ravel », pièce que le compositeur - qui se doublait d’un magnifique pianiste ! - créa dans sa version originale avec Henri Barda en 1975 à Montfort l’Amaury.

Moments forts à n’en pas douter que ces partitions qui figurent dans des programmes comme de coutume très diversifiés. On y trouve aussi bien les Métaboles de Dutilleux que la création d’un concerto pour cor de Bechara El-Khoury, les Gesualdo Variations de David Chevallier, ou encore, sous la direction de l’auteur, Zverohra de Krystof Maratka, un recueil de chants anthropoïdes pour soprano et orchestre qu’interprétera la soprano Elena Vassilieva en création française. Synonyme de liberté et de profond amour de la matière sonore – qualité ô combien plus rare qu’il n’y paraît chez les gens de musique… - l’art de Maratka a toute sa place auprès de celui de Greif.

Alain Cochard

(1) A tous ceux qui veulent mieux connaître la biographie et la musique d’Olivier Greif, on recommandera la consultation du site : www.oliviergreif.com, particulièrement bien documenté.

Festival Présences
Maison de Radio France
Les 18, 19 et 20 septembre 2009
Entrée libre
http://sites.radiofrance.fr/chaines/orchestres/presences/accueil/

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Photo : Isabelle de Rouville
 

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