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Festival Bach en Combrailles 2026 – Le goût français en terre d’Auvergne – Compte rendu

Au cœur de l’été des festivals, « Bach en Combrailles » constitue un rendez-vous unique. Par son identité d’abord, intimement liée à sa terre d’Auvergne ; par sa raison d’être, née de l’orgue de Pontaumur (réplique fidèle de celui d’Arnstadt, cher à Bach) ; par le foisonnement de sa programmation (17 concerts en 6 jours) ; par la variété de ses invités enfin, des jeunes talents aux virtuoses accomplis.

Baptiste Guittet © A. Thiallier
La promesse des nouveaux talents
Le claveciniste Baptiste Guittet a mis en valeur le goût français avec la Suite française en ré mineur, BWV 812 de Johann Sebastian Bach et des extraits d’opéras de Jean-Baptiste Lully (transcrits par J. H. d’Anglebert). Sarabande majestueuse, courante énergique, menuet allant, gigue enlevée : le caractère de chaque pièce est justement rendu par le jeu élégant et limpide du jeune professeur de conservatoire de Massy.

Charlotte Dumas © A. Thiallier
Tout aussi jeune et également enseignante (conservatoire de Vichy), Charlotte Dumas a construit son programme pour l’orgue de Pontaumur autour de Nicolas de Grigny et de Johann Sebastian Bach. Les extraits du Veni Creator (En taille à 5, Fugue et Duo) du génie rémois sont joués dans le meilleur esprit français qui soit, mais l’instrument très allemand ne peut rendre le duo comme il le mérite, faute d’une grosse tierce appropriée. Tout naturellement, la Fantaisie et fugue en sol mineur, BWV 542 et le choral Allein Gott, BWV 662 tiré du recueil de Leipzig sonnent magnifiquement sous les doigts d’une organiste déjà aguerrie mais dont quelques urgences rythmiques trahissent sans doute un certain stress.

L'Ensemble Théodora © T. Geffrotin
Première invitation à Bach en Combrailles pour l’Ensemble Théodora et concert fort séduisant qui reprend le programme de son récent disque, « Tranquilles cœurs »(1)1. A l’image du goût français que les quatre jeunes musiciennes affectionnent, leur jeu est tout en élégance et en clarté. Le sens de la danse et le plaisir évident de jouer ensemble ajoutent au charme et à l’originalité de ces pièces représentatives de l’influence versaillaise dans les cours allemandes.

Benjamin alard au clavicorde © T. Geffrotin
Trois claviers, un souffle unique
Ce sont trois concerts qui resteront gravés dans les annales du festival. Trois récitals donnés le même jour et successivement par Benjamin Alard (photo). Le premier sur un clavecin italien, l’après-midi dans la petite église de Miremont, le deuxième, le soir sur l’orgue de Pontaumur et, dans la foulée au cœur de la nuit, le troisième au clavicorde dans l’église de Landogne. Trois instruments bien différents par la technique qu’ils exigent et par la texture sonore qu’ils offrent. Sous les doigts de Benjamin Alard – sous ces doigts qu’il faut avoir vus pour comprendre combien un toucher peut être varié, du très délicat au plus que vaillant –, la technique s’efface et l’art de faire sonner chaque instrument semble une évidence.
Un fil rouge pour ces trois moments de musique exceptionnels : l’ostinato chez Bach et ses (quasi) contemporains. Par trois fois, Benjamin Alard a joué la Chaconne en ré mineur récemment retrouvée (BWV 1178), en livrant des interprétations propres à magnifier chaque instrument. Envoûtant ! Sur le clavecin, quatre splendides chaconnes de Louis Couperin (notamment) et à l’orgue, parmi toutes les œuvres choisies, une lumineuse Passacaille et fugue, BWV 582 prise dans un tempo volontaire et dansant. Le sommet de cette journée mémorable est atteint avec l’intime récital de clavicorde essentiellement consacré à Bach. L’ultime pièce, la Ciaccona pour violon seul, BWV 1004, dans une transcription de Benjamin Alard, est le couronnement de ce triptyque d'anthologie
Thierry Geffrotin

(1) outhere-music.com/fr/albums/tranquilles-coeurs
Festival Bach en Combrailles, concerts des 3, 5, 6 et 8 août 2026 / www.bachencombrailles.com/
Photo © A. Thiallier
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