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​Joseph Moog en récital à l’Auditorium du Louvre – Avec Liszt – Compte rendu

 

 
« Liszt en Italie » : quelle mine d’or pour construire un programme ! Les 2et 3Années de pèlerinage évidemment, mais aussi les transcriptions et paraphrases d’opéra, la magnifique et si ignorée Notte, les pièces « wagnéro-vénitiennes », la première partie (inspirée du Miserere d’Allegri) du diptyque À la Chapelle Sixtine : on pourrait prolonger la liste ...

Joseph Moog a retenu la 2Année pour la seconde partie de soirée, soit, mais – quelle drôle d’idée  – son récital à l’Auditorium du Louvre commence par les trois premiers scherzos de Chopin dont le rapport avec la thématique annoncée est totalement inexistant – sans parler de l’aberration musicale consistant à aligner trois, ou quatre, scherzos, idem ballades ou d’autres pièces homonymes du Polonais que le regroupement «étouffe ». Moog semble d’ailleurs pressé de se débarrasser de ce préambule chopinien. Tempi très rapides mais conception plus lapidaire qu’urgente ; manque de soufre et de drame : il reste en lisière de la musique, nous aussi. Oublions.
 

Les Sonnets, première version
 
Le volet lisztien de la soirée se révèle d’un tout autre intérêt. Cette manière de s’installer dans la musique ... Dès Spozalizio, aux couleurs raffinées, on sent l’interprète au cœur de son sujet, et l’on n’est pas moins séduit par la densité de son du Penseroso ou la belle santé de la Canzonetta del Salvatore Rosa. Moog interrompt le cours du récital après celle-ci pour annoncer qu’il a opté pour la première version de l’auto-transcription que Liszt a réalisée de ses trois Sonnets de Pétrarque (originellement pour voix et piano). Un premier état, d’une écriture plus touffue que dans celui auquel nous sommes accoutumés : l’artiste possède les moyens techniques, le sens des plans sonores et la musicalité pour voir – et faire entendre – clair dans tous ces entrelacs. Une belle surprise, avant l’acmé du cahier : une Dante dont on découvre une interprétation parfaitement dominée, d’un souffle narratif et d’une fluidité remarquables.
 
Trois bis (Scarlatti/Tausig, Alkan et Gershwin) pour conclure le récital d’un musicien que l’on aura plaisir à retrouver prochainement en récital à Six-Fours-les-Plages (4 juin (1) ) puis, deux jours plus tard, en musique de chambre au Festival de La Grange de Meslay dans le Quintette op. 44 de Schumann, partagé avec le Quatuor Talich. Enfin, notez que le 9 juillet, c’est le Festival Chopin à Paris (3) qui recevra Joseph Moog.

Quant à la la suite de la saison musicale du Louvre, on y trouvera un récital "Sonnets de Michel-Ange" (Britten, Fauré, Berg, Leleu, Ravel) par Cyrille Dubois et Tristan Raës, le 27 mai, suivi le 30 par un non moins séduisant programme "Infinito" qui réunira Marie-Laure Garnier et Les Apaches de Julien Masmondet dans des pages de Monteverdi, Wagner, Debussy, Leleu et Touchard.
 
Alain Cochard

 

(1) www.sixfoursvagueclassique.fr/evenement/joseph-moog/

(2) www.festival-la-grange-de-meslay.fr/programmation/moisson-2026samedi-6-juin-21-joseph-moogquatuor-talich.html
 
(3) www.frederic-chopin.com/
 
Paris, Auditorium du Louvre, 20 mai 2026
 
Photo © Thommy Mardo 

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