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Zuzana Ferjenčíková à Notre-Dame de Paris – Organiste et compositrice – Compte-rendu

Après les récitals de James Higdon, Olivier Latry, Thibault Fajoles et Vincent Dubois, Notre-Dame de Paris recevait l’organiste et compositrice slovaque Zuzana Ferjenčíková. On se souvient qu’en 2013, pour les 50 ans de titulariat de son maître Jean Guillou, disparu le 26 janvier 2019, elle avait donné en sept concerts l’intégrale de son œuvre d’orgue et de ses transcriptions publiées (1). Concernant le maître de Saint-Eustache, signalons une double actualité chez Delatour-France : la parution du Catalogue de l’œuvre musicale de Jean Guillou et la reprise de son livre L’orgue, souvenir et avenir, « version syncrétique » associant à l’édition 1996 les variantes des éditions allemande, française et italienne de 2005, 2010 et 2011.

Sous le signe de Liszt
Si Liszt hantait Jean Guillou transcripteur, il en va de même pour Zuzana Ferjenčíková, fondatrice et présidente – Guillou en était le président d’honneur – de la Wiener Franz Liszt-Gesellschaft. Liszt ouvrait son récital à Notre-Dame avec des Variations sur Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen révélant d’emblée une vraie et intense présence, l’approche très orchestrale puissamment évaluée et projetée – impressionnant sens tragique du chœur d’anches initial, extraordinairement sombre –, nourrissant une continuité dramatique haletante et aux contrastes marqués. La Fantaisie en ut majeur de César Franck faisait écho aux liens d’admiration réciproque entre le Français et le Hongrois, ici pour une lecture très peu française et de nouveau superbement orchestrale, sorte de transcription à rebours d’un orchestre surgissant du néant vers l’orgue, l’œuvre revisitée offrant une autre cohérence, assortie d’une vive et constructive liberté agogique.

© Mirou
D’un souffle magistral
Outre un album de ses propres transcriptions (Beethoven, Mozart, Schumann, Liszt – dont Tristis est anima mea), l’actualité concomitante de Zuzana Ferjenčíková tient à la parution du deuxième double SACD – tous chez Aeolus – de l’intégrale de l’œuvre d’orgue et des transcriptions de Jean Guillou, comme en concert en 2013. Lequel était représenté à Notre-Dame par sa célébrissime et toujours aussi fascinante Toccata op. 9, magistrale de souffle et d’acuité. Lui répondait, sombre et grandiose, la transcription de Tristis est anima mea de l’oratorio Christus de Liszt.
Sur le mystère de la Couronne d’épines
D’une extrême concentration sur l’ensemble de ce récital exigeant, Zuzana Ferjenčíková compositrice referma la soirée avec Corona aurea op. 33. Éruptive, d’une prenante modernité très différente de celle de Jean Guillou et spécifiquement composée pour ce concert, cette Toccata pour grand orgue sur le mystère de la Couronne d’épines – conservée à Notre-Dame dans le nouveau reliquaire de Sylvain Dubuisson (2) – est dédiée à Jean-Pierre Leguay, organiste émérite de Notre-Dame, qui assistait à ce récital de haute tenue.
Prochains récitals à Notre-Dame le 3 mars avec Alan Morrison et le 10 mars avec Yves Castagnet.
Michel Roubinet

Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris, Saison 25/26 :
musique-sacree-notredamedeparis.fr/categorie/concert/25-26/?mm=9
(1) www.concertclassic.com/article/jubile-de-jean-guillou-l-hommage-integral-de-zuzana-ferjencikova-compte-rendu
(2) revivre-notre-dame.fr/un-nouveau-reliquaire-pour-la-couronne-depines
Site de Zuzana Ferjenčíková
ferjencikova.info
Discographie Aeolus
aeolus-music.com/fr/pages/page-ferjencikova-zuzana
Photo © Britt Schier
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