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​Singin’ in the Rain au Lido – Tous en ciré ! – Compte rendu

Pari gagné, une fois de plus, pour Jean-Luc Choplin qui, après une saison entière consacrée à l’adaptation en comédie musicale des Demoiselles de Rochefort, propose cette fois au Lido Chantons sous la pluie. Dès les années 1980, le film sorti en 1952 avait été adapté pour la scène, cette version ne s’imposant réellement qu’au début de notre siècle. Notons au passage qu’après une série de musicals de Broadway dont le cinéma s’était emparé (comme Cabaret ou Hello Dolly), le Lido propose depuis l’an dernier le cheminement inverse, avec des titres qui ont d’abord été des films avant de devenir des spectacles théâtraux.

 

© Maria-Helena Buckley

 
Robert Carsen à la mise en scène

Pour Singin’ in the Rain – puisque le spectacle est bien donné en VO – il a été décidé de faire appel à celui qui avait monté plusieurs comédies musicales au Châtelet et que Choplin avait choisi pour ouvrir le Lido sous son règne : Robert Carsen, bien connu des amateurs d’opéra et dont on découvrira prochainement le Werther à Bastille. Le metteur en scène canadien sait exploiter les ressources spécifiques à cette salle, dépourvue de cintres, mais dont le plateau n’en permet pas moins un certain nombre d’effets : aucune crainte à avoir, le héros sera bel et bien mouillé, et copieusement, lors de LA séquence emblématique.

 

© Maria-Helena Buckley

Ancrage historique

L’orchestre dirigé par Alan Berry étant cette fois disposé en hauteur de part et d’autre de la scène, le décor est entièrement constitué de projections qui permettent de respecter les différents lieux de l’action et d’en changer instantanément, dans une optique réaliste – là où Les Demoiselles de Rochefort optaient pour un fond abstrait, rompant résolument avec le film de Jacques Demy. Ancrage historique oblige (le passage du muet au parlant en 1927), les décors rendent hommage à l’Art Déco et certains costumes ne manquent pas d’évoquer Erté.

 

 
Hommage au monde du divertissement

Cette version musical suit bien sûr le déroulement du film, pour lequel Betty Combden et Adolph Green avaient dû imaginer un scénario à partir d’une liste de chansons composées entre 1929 et 1939. Les chorégraphies de Rebecca Howell renvoient aussi à celles de l’original, tout en étant adaptées au théâtre, la principale modification concernant peut-être la longue séquence Broadway Melody (celle où intervient Cyd Charisse dans le film), transformée en hommage au monde du divertissement, avec fond lumineux et portiques en forme de « miroir Hollywood ».

 

© Valentin Folliet

 
Une parfaite distribution

Majoritairement britannique, la distribution joue naturellement à prendre l’accent américain. Dans le rôle de Don Lockwood, on retrouve Ashley Day, applaudi en Nicky Arstein dans Funny Girl au Théâtre Marigny en 2019 : s’il danse avec la virtuosité de Gene Kelly, son timbre de chanteur n’est pas sans évoquer Georges Guétary, partenaire de ce dernier dans Un Américain à Paris. Succédant à Debbie Reynolds, Maddie Waller campe un personnage qui ne s’en laisse pas conter, et prête à Kathy Selden une voix séduisante comme il convient. Charlie Waddell semble taillé sur mesure pour le personnage comique de Cosmo Brown et forme un réjouissant duo avec Ashley Day, dans « Fit as Fiddle » ou « Moses Supposes ». La Canadienne Natasha O’Brien est hilarante en Lina Lamont et réussit à chanter tout en conservant son inénarrable voix de canard. Parmi les personnages secondaires, il convient de saluer la prestation de Daniele Coombe, aussi savoureuse en journaliste people qu’en professeure de diction.

Laurent Bury
 

Singin’ in the Rain – Paris, Lido, 19 septembre 2026 // theatredulido.com/fr/  
 
Photo © Valentin Folliet

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