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« Le Clavecin sauvage » de et par Chloé Sévère au Théâtre Les Rendez-vous d’ailleurs [Paris 20e, jusqu'au 1er nov.] – Et surtout, avec le cœur – Compte rendu

 

Le prix du carburant vous déprime, l’inculture historique crasse – ne parlons de musique ... – d’une partie du personnel politique vous afflige : il est pas mal de raisons de ne pas aborder la rentrée d’humeur guillerette. Par contraste avec cette ambiance entre gris souris et gris anthracite, des initiatives viennent réjouir l’humeur, tel « Le Clavecin sauvage », spectacle théâtro-musical imaginé et interprété par Chloé Sévère (précédemment présenté aux Etats-Unis). Une claveciniste, fondatrice de l’Ensemble El Sol, qui a eu l’occasion de collaborer avec Nathalie Stutzmann, Les Arts Florissants ou le Centre de Musique Baroque de Versailles, qui se passionne aussi pour la pédagogie (elle est depuis 2018 coordinatrice du département de musique ancienne de Paris-Saclay) – en sortant de la salle, on se dit que ses élèves ont une sacrée chance ... 
Commençons par le plus important : c’est pleinement réussi et ça tient l’affiche jusqu’au 1er  novembre. Donc, aucune raison de manquer une occasion de passer un moment heureux, tout à la gloire de la musique, de l’amour de la musique.

 

 © Xavier Lacase

Humour, mordant, tendresse, auto-dérision, émotion
 
« Je m’appelle Chloé et je ne voulais pas être claveciniste ! » : l'histoire avait assez mal commencé mais ... ainsi s'ouvre un spectacle bien rythmé dont on se gardera de vous déflorer ce qui en fait la saveur. Chloé Sévère se raconte avec humour, mordant (de formidables portraits minute, d’une délectable causticité), tendresse, auto-dérision, émotion. Elle eût sans doute été une adorable boulangère, mais franchement, la musique et le clavecin eurent mille fois raison lorsque fantaisie leur prit de fondre sur l’enfant de 11 ans qu’elle était. Elle vous raconte l’étude de l'instrument, des tout débuts jusqu’à la sortie du Conservatoire, en passant par Amsterdam – et sa fichue météo ! Elle n’évoque pas moins bien sa relation avec le public, la joie issue du travail quotidien, l’exploration de répertoires nouveaux (car le clavecin n’est pas que baroque ...) et l’infinité de portes qui s’ouvrent à partir du moment où l’on œuvre « avec le cœur ».

 

 © Xavier Lacase

Chloé Sévère se raconte, mais son « Clavecin sauvage » est tout le contraire d’un spectacle nombriliste et moimoiisant. Derrière elle, un très bel instrument signé Martin Skowronek lui permet de laisser parler la musique (en particulier celle d’un bouillant Espagnol venu de ... non, on ne vous le dira pas !), de nous faire sourire et rire, de nous toucher. D’autant mieux que la mise en scène de Laurent Cussinet apporte un relief en parfait accord avec l'imagination de la claveciniste-comédienne.
Jusqu’au 1er novembre, certes, mais ne tardez surtout pas : l’intimiste et accueillante salle de la rue des Haies ne compte que 50 places. Spectacle de 75 minutes, à 19h : idéal pour très bien commencer une soirée ...
 
Alain Cochard

 

 
« Le Clavecin sauvage » de et part Chloé Sévère – Paris, Théâtre Les Nouveaux Rendez-vous (109 rue des Haies /75020), 15 septembre ; prochaines représentations les 17, 19, 20, 29 septembre ; 1er, 4, 13, 15, 18, 27, 29 octobre & 1er novembre 2026 (à 19h en semaine, 15h le dimanche) //  www.lesrdvdailleurs.fr/
 
Photo © Valentin Dubois 

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