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Festival ManiFeste 2026 [3-27 juin] – Deux centenaires et l’éternité

Comme chaque mois de juin depuis 2012, ManiFeste est de retour, grand rendez-vous de la modernité musicale de l’Ircam, proposé dans divers lieux parisiens (et même au Centre des arts d’Enghien-les-Bains). « Un manifeste pour la diversité de la création et la force d’œuvres iconiques », dit Frank Madlener, directeur de l’institution, à propos de l’édition 2026.
Des œuvres iconiques ? On en découvre une, dès la soirée d’ouverture (3/06), confiée au SWR Vokalenensemble Stuttgart dirigé par Yuval Weinberg, qui se conclut par Lux Aeterna de Ligeti – une pièce popularisée par le cinéma et représentative de l’opposition brièveté/éternité sur laquelle joue ManiFeste 2026. On retrouvera les interprètes dès le lendemain, toujours à l’espace de projection de l’Ircam, avec Rothko Chapel de Morton Feldman (1926-1987), l’un des deux compositeurs dont ManiFeste célèbre le centenaire. Si le compositeur américain n’est plus de ce monde depuis bientôt quarante ans, György Kurtág (photo) a pour sa part fêté son 100e anniversaire le 19 février dernier et est donc le doyen des compositeurs en activité.

Pierre Bleuse © Anne-Elise Grosbois
Le doyen des compositeurs fêté
ManiFeste ne pouvait omettre de faire honneur au maître hongrois : une soirée anniversaire est prévue à la Cité de la musique (5/06), qui permettra d’entendre l’Ensemble Intercontemporain, sous la direction de Pierre Bleuse, dans Messages de feu Mademoiselle R.V. Troussova, avec la soprano Anu Komsi, ouvrage qu’entoureront des créations signées Isabel Mundry, Marton Illés et Tobias Feierabend.
Premières françaises et mondiales ne manqueront d’ailleurs pas jusqu’au concert de clôture à la Maison de la Radio, le 27 juin, pour lequel on retrouvera Pierre Bleuse, cette fois à la tête du Philharmonique de Radio France, au côté de la violoniste Patrizia Kopatchinskaja, dans un programme constitué de pages signées Torvund, Gervasoni, Kopatchinskaja, tous trois en création, et Feldman : son Coptic Light, histoire de finir en douceur ...
Entre temps, les amateurs de musique électronique auront eu la possibilité de découvrir les « Electro-Odyssées » de Deena Abdelwaheed (6/06) et Kali Malone (9/06), deux compositrices mises en lumière par l’édition 2026, tout comme Sarah Nemtsov, Zeynep Toraman ou Justé Janulyté.

Bianca Chillemi © Lucas Morelet
D’après Boccace
L’Athénée fait partie des lieux investis par ManiFeste. La maison de Louis Jouvet aime la musique légère : c’est un opéra bouffe qu’elle accueille avec Décaméron, une partition de Matteo Franceschini d’après Boccace qui s’annonce débridée et pleine d’appétit. À découvrir en création, les 12 et 13 juin, sous la direction de Biancha Chillemi
Enfin, si le Prix Élan, fruit de la collaboration entre l’Orchestre national d’Île-de-France, a connu sa dernière édition cette année. On sait qu’il a, depuis 2021, contribué à l’émergence de jeunes créateurs : les divers lauréats seront au programme d’un concert de l’Ondif, dirigé par Bar Avni le 9 juin au Studio de la Philharmonie.
Alain Cochard

Festival ManiFeste 2026
Du 3 au 27 juin
Programme détaillé : www.ircam.fr/fr/magazine/festival-manifeste2026
Photo © Ircam
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