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Concert de l’ensemble Contraste au Musée d’Orsay – Transatlantique – Compte rendu

Pour accompagner l’exposition Mary Cassatt, présentée depuis le 6 octobre et jusqu’au 31 janvier prochain (1), le Musée d’Orsay propose naturellement plusieurs concerts dans son auditorium. De manière assez logique pour honorer une artiste américaine qui partagea sa vie entre la France et les Etats-Unis, le programme du concert de midi donné le 3 novembre réunit des compositeurs de ces deux pays. Pour le public parisien venu nombreux, c’est bien sûr l’occasion de découvrir toute une série de noms plus ou moins familiers, et d’œuvres pratiquement jamais interprétées de ce côté-ci de l’Atlantique.
Par-delà les bornes chronologiques
On commémore cette année le centenaire de la mort de Mary Cassatt, qui était née en 1844. Pour autant, le programme du concert dépasse largement ces bornes chronologiques. Du côté des compositeurs français, on reste dans les clous : Fauré, Debussy, Satie et les sœurs Boulanger sont tous des contemporains de la peintre, qui auraient pu entendre leurs partitions écrites entre 1879 et 1911. Pour les Américains, en revanche, le programme s’aventure bien au-delà de 1926 : de 1895 pour une mélodie de Charles Ives, on va jusqu’en 1924 pour une berceuse d’Amy Beach, avant d’arriver aux standards de Duke Ellington qui datent de la fin des années 1920, et l’on entre dans l’après-guerre avec Copland ou Barber. Mais dans la mesure où ce dernier composait dans un style assez classique, l’extrait de ses Three Songs de 1972 ne nous éloigne pas trop de l’atmosphère générale du concert.

De la mélancolie et une incarnation ... explosive !
Atmosphère très paisible, peut-être même trop par moments : si cet enchaînement d’œuvres se veut transatlantique, le mot évoque aussi ces chaises longues pliantes où se prélassaient autrefois les passagers des paquebots. Malgré son titre, « Les Berceaux » de Fauré n’est pas certes pas tout à fait une berceuse, mais la plupart des pages ici réunies sont d’abord un peu uniformément mélancoliques. Tout change en fait lorsque, fidèle à son désir de rapprocher musiques savantes et musiques populaires, l’ensemble Contraste fait intervenir jazz et gospel. Heureusement, car les trois instrumentistes ont invité Irina de Baghy (photo) à se produire avec eux, oui, celle-là même qui avait été révélée par son incarnation explosive de Sola Myrrhis dans Coup de roulis de Messager (2), l’un des meilleurs spectacles de ces dernières années ! Du tempérament, la mezzo-soprano canadienne en a à revendre, et il se libère enfin dans la dernière partie du concert, comme le confirmera encore « Caravan » de Duke Ellington donné en bis.
La voix opulente de la chanteuse est soutenue par Arnaud Thorette (photo à dr.) à l’alto, Johan Farjot (photo à g.) au piano et Alix Merckx à la contrebasse. Même si, dans le programme de salle, la mention « arrangement de Johan Farjot » accompagne uniquement la Paraphrase gnossienne d’après non pas une Gnossienne, mais bien d’après la Première Gymnopédie d’Erik Satie, le pluriel « arrangements » qui suit en première page le nom du pianiste laisse supposer qu’il a adapté tous ces morceaux initialement destinés au tandem violon-piano, au piano seul ou à l’orchestre.
Laurent Bury

(1) www.musee-orsay.fr/fr/programme/agenda/expositions/mary-cassatt-lindependante
(2) www.concertclassic.com/article/coups-de-roulis-dandre-messager-latelier-lyrique-de-tourcoing-au-theatre-de-lathenee-du-10
Paris, Auditorium du Musée d’Orsay, 3 novembre 2026
Photo © Hans Lucas / Masha Mosconi
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