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Compte-rendu : L’Orchestre de Chambre de Bâle Salle Pleyel - La grâce d’Angelica Kirchschlager


Fondé il y a 25 ans, l’Orchestre de Chambre de Bâle inscrit son parcours dans la tradition de Paul Sacher, chef d’orchestre mais surtout grand mécène, commanditaire de nombreux chefs-d’œuvre du XXe siècle. Pour le concert Salle Pleyel, pas de création mais un retour aux fondamentaux avec des pages de Schubert et de Brahms sous la direction de Paul McCreesh.


La première partie (entre l’Ouverture et l’Entracte de l’acte III de Rosamunde) fait la part belle à un bouquet de sept lieder de Schubert orchestrés avec plus ou moins de bonheur par Kurt Gillmann (Ganymed), Max Reger (Du bist die Ruh, Erlkönig, An die Musik) et récemment par le contrebassiste Bren Plummer (Geheimes, Rastlose Libe et Heidenröslein) à l’intention de la mezzo autrichienne Angelica Kirchschlager. Très à l’aise, se lovant avec naturel et un sens de la communication contagieux dans des partitions souvent alourdies par l’orchestration (seul Max Reger réussit à peu près à tirer son épingle du jeu), Kirchschlager retrouve la subtilité, le sens du phrasé, l’art de la diction qui ont fait le succès des lieder dans leur version originale. Pleyel ne constitue certes pas un écrin très intime pour ce type de répertoire, mais la voix de la mezzo, sensible à la couleur et à la nuance réussit à capter l’auditoire. L’enthousiasme du public est remercié par un bis (la Romance de Rosamunde) aux accents proches parfois de la « Ballade de Senta » du Vaisseau fantôme.

La Deuxième Symphonie de Brahms, très allégée dans une exécution réduite à une formation Mozart étoffée, gagne en souplesse, en charme tout au long de cette ballade pastorale finement exécutée et non dénuée de sens dramatique. En revanche, le final montre les limites de l’entreprise dans une oeuvre qui exige sens de la couleur et émotion contenue ; mais la forte et vive impulsion qu’impose le chef suscite sans cesse l’intérêt.

Michel Le Naour

Paris, Salle Pleyel, 26 novembre 2010

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