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Christoph von Dohnányi et l’Orchestre de Paris – Noblesse de ton – Compte-rendu

Pour son rendez-vous annuel avec l’Orchestre de Paris (une phalange dont il fut le Premier Chef invité de 1998 à 2000), Christoph von Dohnányi (photo) proposait un programme réunissant Beethoven, Dvorak et une première française de Jean-Frédéric Neuburger qui lui est dédiée : Aube (commande de l’Orchestre Symphonique de Boston, l'ouvrage a été créée par celui-ci le 12 novembre dernier). La pièce du Français s’inspire des impressions et des bruits ressentis au contact de la nature, utilisant avec bonheur les timbres les plus subtils ; une musique narrative et suggestive qui témoigne d’un art de la composition parfaitement maîtrisé.
 
Dans le 2ème Concerto pour piano de Beethoven, la joie de vivre et la simplicité naturelle de la lecture d’Emanuel Ax filent droit leur chemin avec un entrain « alla Haydn » qui se communique à l’orchestre. On aimerait davantage de profondeur (Adagio), mais le style et la perfection technique ne sont jamais pris en défaut. Le bis (Phantasiestück n° 1 de Schumann), éloigné des angoisses de la nuit, projette une sérénité très rassurante.
 
Changement d’atmosphère avec la Symphonie n°7 de Dvorak, compositeur que Dohnányi a toujours défendu avec sincérité et noblesse. Sa conception, brahmsienne de ton, ne recherche pas la verdeur et la vivacité rythmique (Scherzo) ; elle se construit comme un grand fil tendu à la manière d’une improvisation humaine et poétique qui débouche sur une coda conclusive à la grandeur brucknérienne.
 
La semaine précédente, avec une constante homogénéité et un même engagement, les musiciens parisiens donnaient des extraits du ballet Casse-noisette de Tchaïkovski, exécutés avec ferveur et souplesse féline par Jonathan Darlington et servis par une phalange en pleine possession de ses moyens instrumentaux.
 
Michel Le Naour
 
Paris, Philharmonie 1, 3 décembre 2015

Photo © DR

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