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​Geoffroy Couteau interprète les Variations Goldberg [Châteauneuf-de-Gadagne, 8 nov. ; Paris/Bouffes du Nord, 9 nov.] – De Brahms à Bach

 

 
Pendant un peu plus d’une décennie, Geoffroy Couteau a vécu immergé dans la musique de Johannes Brahms. Après une intégrale du corpus pour piano seul enregistré en 2015 et publié d’un seul bloc l’année suivante par La Dolce Volta, il a poursuivi chez le même éditeur avec la musique de chambre du compositeur allemand, aux côtés de remarquables partenaires (Amaury Coeytaux, Raphaël Perraud, Nicolas Baldeyrou, Antoine Dreyfuss, Quatuor Hermès); une entreprise en six volumes séparés dont la sortie s’est étalée entre 2019 et 2024.(1)  

 

 
Le « maître divin » de Brahms
 
Après ce projet collectif, admirablement mené, le moment est venu pour l’artiste d’un retour au piano solo avec l’un des titres les plus emblématiques de la musique pour clavier, les Variations Goldberg, dont l’enregistrement vient de paraître chez La Dolce Volta.(2) Une forme de retour aux sources ... de Brahms, pourrait-ton dire. « Bach a éclairé ma vision de l’œuvre de Brahms, confie Geoffroy Couteau. Fréquenter sa musique m’a permis de comprendre les racines du répertoire romantique allemand dont il a été l’un des grands inspirateurs. »  Durant ses années de jeunesse en particulier l’auteur d’un Requiem allemand, s’est en effet beaucoup nourri de l’œuvre d’un devancier qu’il désignait comme le « maître divin » et que, à l’instar de Robert Schumann avant lui, il tenait pour un irremplaçable – l'irremplaçable plutôt – point de référence.

 

© Edouard Brane

 
A la source vive
 
C’est à la lumière de cette influence qu’il convient de considérer les Goldberg d’un pianiste qui, parvenu au terme de son long voyage brahmsien, s’est lancé dans ce cycle inépuisable. Un récital à Montpellier en 2024 a marqué le point de départ de la relation de Geoffroy Couteau avec le BWV 988 en concert ; un an plus tard, après avoir plusieurs fois redonné l’ouvrage en public, il confiait aux micros une interprétation qui conjugue idéalement poésie et énergie. Elle procure vraiment la sensation d’entendre un pianiste brahmsien retrouvant la source vive à laquelle le compositeur qu’il a tant fréquenté s’est abreuvé. Si l’interprète aime le clavecin, sa conception des Goldberg le montre assumant pleinement les richesses du piano (un splendide Yamaha capté au Théâtre Auditorium de Poitiers par les micros de Frédéric Briant) avec une jubilation intellectuelle et sensible qui fait tout le prix de son enregistrement. C’est bien de l’éternelle jeunesse d’un chef-d’œuvre qu’il est question ici, avec une clarté polyphonique, une dimension dansante aussi, que l’on s’impatiente de bientôt goûter en public.
Après le Festival de Sceaux et le Louvre-Lens le mois dernier, Geoffroy Couteau reprend les Variations Goldberg à deux reprises en novembre, le dimanche 8, tout près d’Avignon, aux Musicales de Châteauneuf-de-Gadagne, puis le 9 à Paris, dans le cadre parfait des Bouffes du Nord, soirée qui marquera la sortie officielle de son disque.
Reste que – nul ne s’en plaindra ! – le pianiste n’abandonne pas Brahms pour autant : notez que le 1er novembre il sera en duo avec le violoniste Amaury Coeytaux, pour les Sonates nos 2 et 3 et des pièces de Beethoven et Schumann, dans le cadre de la saison nantaise « LeclassiC’estfffou ».(3)
 
Alain Cochard
 

(1)        ce à quoi s’est ajouté le Concerto n°1 avec l’Orchestre national de Metz et David Reiland (+ Chaconne Bach/Brahms) en 2022 – LDV 94

(2)         1 CD LDV 154
 
(3)        www.creafollesjournees.com/festivals/le-classicest-fffou
 
 
Geoffroy Couteau, piano
Bach : Variations Goldberg
 
8 novembre 2026 – 16h
Châteauneuf-en-Gadagne – Salle de l’Abousière
https://www.chateauneufdegadagne.fr/evenement/concert-12
 
9 novembre 2026 – 20h
Paris – Théâtre des Bouffes du Nord
www.bouffesdunord.com/fr/la-saison/geoffroy-couteau-les-variations-goldberg
 
Photo © Edouard Brane

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