Journal
Yan Maratka et Kyrian Friedenberg inaugurent la saison 26/27 de l’Orchestre Pasdeloup – Jeunesse incandescente – Compte-rendu

Pour ouvrir sa nouvelle saison baptisée « Impulsion », l’Orchestre Pasdeloup s’est associé à deux étoiles de la garde montante : le clarinettiste Yan Maratka (photo, 23 ans) et le chef Kyrian Friedenberg (27 ans). Un duo radieux, fertile en couleurs et émotions, dans un programme 100 % Mozart.

Kyrian Friedenberg © Theresa Pewal
Moment de fraîcheur sur un tapis feutré
Passée l’ouverture de La Clémence de Titus, brossée au geste malgré quelques lourdeurs, vient le Concerto pour clarinette de Mozart. Yan Maratka l’avait déjà interprété en 2025 au Concours International de clarinette Jacques Lancelot – où il avait d’ailleurs décroché le troisième prix, ainsi que le Prix SACEM. Point de routine de sa part dans une partition entendue maintes fois : le soliste livre une version marquée de son sceau, élégante à la limite de l’insolence : un moment de fraîcheur sur un tapis feutré. En choisissant un tempo légèrement plus allant (notamment dans l’Allegro), en coupant court à la fin de chaque phrase, il bouleverse la charge introspective du concerto d’une excitation sensible. Les broderies et ornementations rajoutées, qui surchargent parfois le propos, restent affaire de goût. De l’Allegro lumineux au Rondo joueur, Yan Maratka se fait maître des contrastes, jusqu’à nous faire risquer la crise cardiaque en atteignant un pianissimo extrême lors de la réexposition du thème de l’Adagio. En bis, une époustouflante improvisation sur la thématique du Juif errant révèle une autre facette du clarinettiste, tout aussi virtuose sinon plus. Maratka et Friedenberg offrent une interprétation haute en couleur, d’une jeunesse exaltante. Quant à ce dernier (finaliste du Concours de Besançon en 2025 et chef assistant de l’Ensemble Intercontemporain de 2024 à 2026), il dirige avec une autorité gracieuse et inspirée.

© DR
Une « Jupiter » magnétique
Assurant un juste équilibre entre l’orchestre et le soliste dans le concerto, il déploie une direction imagée, magnétique, quasi cinématographique dans la Symphonie n°41 « Jupiter ». Après un Allegro quelque peu rigide, l’Andante retrouve de la souplesse dans le pupitre de violons. Si le Menuetto perd en phrasé, l’Allegro final se trouve propulsé par l’énergie d’une baguette en quête d’extase, et par de superbes traits de flûte, acérés à souhait. De quoi donner envie de retrouver Kyrian Friedenberg en fin d’année à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Nice dans La Belle au bois dormant de Tchaïkovski, programmée pour 16 représentations, du 16 au 31 décembre.(1)
Prochain concert de l’Orchestre Pasdeloup, le 7 novembre à la Philharmonie de Paris, sous la baguette de Christian Vásquez, avec le Concerto pour piano de Didier Lockwood (Thomas Enhco au clavier) et la Symphonie « Titan » de Mahler.
Antoine Sibelle

(1) www.opera-nice.org/agenda/la-belle-au-bois-dormant-2026-2027/
Paris, Salle Gaveau, 11 octobre 2026
Saison 2026-2027 de l’Orchestre Pasdeloup : https://www.concertspasdeloup.fr/
Photo © Henri Selmer
Derniers articles
-
13 Octobre 2026Alain COCHARD
-
12 Octobre 2026Jacqueline THUILLEUX
-
12 Octobre 2026Michel EGEA







