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Nabucco au Macerata Opera Festival 2026 – Verdi sous les étoiles – Compte rendu

Appréciés du public, les festivals lyriques en plein air demeurent très présents en Italie. Le retour en grâce des Arènes de Vérone depuis la nomination de sa directrice artistique Cecilia Gasdia, de Torre del Lago, du Circo Massimo de Rome et de Macerata, montre l'intérêt porté par les touristes et les habitués de ces manifestations estivales proposées dans des lieux souvent spectaculaires.
C'est le cas du Macerata Opera Festival qui attire chaque année un public nombreux au cœur d'une ravissante cité des Marches et qui investit depuis plus de soixante ans le Sferisterio, vaste construction semi-elliptique à ciel ouvert de style néo-classique inaugurée en 1829 (et d'abord destinée à des compétitions sportives) à l'acoustique exceptionnelle. Trois opéras et un oratorio constituaient le programme de l'édition 2026 ; comme toujours Verdi était à l'honneur avec Il Trovatore et Nabucco, suivi par Il Barbiere di Siviglia de Rossini et Orff avec ses Carmina Burana.

Fabrizio Maria Carminati © DR
Le Nabucco auquel nous avons assisté était particulièrement réussi. Musicalement sa distribution s'est avérée excellente. La partition dirigée avec beaucoup de goût, de rigueur et d'implication par le maestro Fabrizio Maria Carminati à la tête de l'Orchestra Filarmonica Marchigiana et du Coro Lirico Marchigiano “Vincenzo Bellini”, suscite une adhésion de tous les instant, l'élan risorgimental du jeune Verdi coexistant intelligemment avec la tradition de l'opéra classique.
Fulgurante ascension
Despote excessif et sans pitié luttant contre la folie et le désespoir, Ariunbaatar Ganbataar possède le caractère paradoxal de Nabucco. Sa longue et vibrante voix de baryton lui permet d'exprimer la colère comme la détresse et de passer en un instant de la grandeur à la pitié grâce à sa connaissance profonde du personnage. Plus nuancé et osons le dire plus "concerné" qu'il y a un an à Sanxay, l'artiste mongol poursuit sa fulgurante ascension, à l'image de sa consœur Anastasia Bartoli, qui incarne à ses côtés une exemplaire Abigaille.

© MOF
Une voix riche et dense
Avec ce rôle impossible, la jeune et intrépide soprano vient de repousser une nouvelle fois les frontières qui pouvaient exister entre le bel canto romantique, dans lequel elle s'est fait connaître et le premier Verdi, adepte de tessitures extrêmes. L'impact de cette voix riche et dense, mais toujours sous contrôle, est du plus bel effet, la musicienne sachant habiter cette héroïne avec intensité sans jamais céder à la facilité. Si le grand air du second acte "Ben io t'invenni" étonne par élégance farouche et la qualité de sa virtuosité, le duo avec Nabucco est une réussite, parachevé par son impressionnant suicide. Même non officiel, le passage de flambeau vient ainsi passer des mains d'Anna Pirozzi, une autre Italienne, à cette jeune collègue au brillant avenir.
Alberto Comes est tout simplement un des meilleurs Zaccaria du moment, Laura Verrecchia en Fenena et Alessandro Scotto di Luzio (Ismaele) n'évoluant pas dans les mêmes sphères.

© MOF
Une efficace sobriété
Paul-Emile Fourny, un habitué des grands plateaux, traite avec efficacité et sobriété l'intrigue mise en musique par Verdi. Dans un décor unique qui forme un long mur de briques dont certaines parties sont déplacées à vue, s'affrontent Hébreux et Babyloniens dans une atmosphère de violence, d'hostilité et de pouvoir, compréhensible pour l'ensemble du public.
Scènes de foules réglées avec soin alternent ainsi avec des moments plus intimes jusqu'à la résolution finale qui voit Nabucco vainqueur et sa prétendue fille contrainte à se supprimer. Une remarquable soirée sous les étoiles.
François Lesueur

62e Macerata Opera Festival, 1er août 2026
Photo © MOF
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