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Festival de Sablé 2026 [19-22 août] – La tête dans les étoiles

« Au plus près des étoiles » : tel est le thème sous lequel Laure Baert, à la tête du Festival de Sablé depuis la toute fin 2021, a décidé de placer l’édition 2026. La manifestation sarthoise compte parmi les importants rendez-vous de la fin de l’été, particulièrement attendu par les amoureux de musique baroque, mais pas uniquement. « Mon idée était d’inviter au rêve avec ces étoiles qui fascinent l’humanité et qui sont constantes, explique la directrice artistique. Notre monde est loin d’être caractérisé par la constance et c’est avec l’envie d’offrir une programmation rassurante, enveloppante que j’ai imaginé le festival 2026. »

Résidence et début de tournée à Sablé
Commençons par rendre à César ce qui lui appartient, ou plutôt à Joël Suhubiette et l’Ensemble Jacques Moderne. Leur programme « La Stella », qui mêle des pages d’Alessandro Scarlatti et de son fils Domenico autour de la Messe « La Stella » de ce dernier, a en effet orienté L. Baert dans le choix de la thématique retenue cette année. Il faudra attendre le dernier jour du festival (22/08 - 15h) pour savourer ces ouvrages scarlattiens, mais c’est par un autre italien illustre, Vivaldi, associé à Bach, que la fête commencera, avec l’ensemble Double Sens de Nemanja Radulovic dans une programme de concertant (19/08 – 20h30).

« C’est un privilège que d’accueillir ce musicien, se réjouit L. Baert, pour son talent, son inventivité, mais aussi toute l’humanité qu’il véhicule avec son ensemble. ». Le concert inaugural du festival a d’autant plus prix à ses yeux, qu’il marquera l’aboutissement d’une résidence de trois jours des musiciens à Sablé et le commencement d’une tournée internationale. Il est promesse aussi d’une entrée en matière particulièrement tonique, Radulović et ses troupes n’ayant, comme chacun sait, aucune disposition pour la tiédeur et la routine.
Pas de tristesse en vue non plus avec l’ensemble A nocte temporis du ténor Reinoud Van Mechelen dont le concert « Oh, ma belle brunette » mêlera chansons d’amour et airs à boire.(20/08 – 15h)

Luth & Archiluth
Tonus et musicalité rayonnante caractérisent tout autant l’Ensemble Jupiter. Autour de la formation dirigée par Thomas Dunford, L. Baert a imaginé un concert « Luth & Archiluth » – l’un des temps forts de l’édition 2026 (21-08 – 20h30). «J’adore ces instruments, confie la directrice artistique, mais on ne les apprécie généralement qu’au sein d’un ensemble orchestral, on n’arrive à les percevoir que par petites touches quand il y a des solos. J’ai voulu les mettre en lumière au cours d’une double soirée, qui commencera par un récital de Benjamin Narvey. Un artiste que j’apprécie beaucoup et qui a imaginé un programme spécifiquement pour Sablé. » Avec des partitions composées pour les cours de Dresde, Munich et Versailles, un programme royal attend l’auditoire, prélude à celui, tout vivaldien, des Jupiter où figureront des pages concertantes pour luth, par Thomas Dunford, et pour violoncelle par deux magnifique archets : Nicolas Altstaedt et Bruno Philippe.
D’un instrument roi de l’ère baroque à un autre : le clavecin sera à l’honneur le lendemain, et de la plus belle façon puisque Jean Rondeau fera halte à Sablé (Auvers-le-Hamon, très précisément) pour un récital entièrement consacré à l’un de ses compositeurs fétiches : Louis Couperin (22/08 – 10h30).
Le célèbre et le rare
À côté d’interprètes bien connus tels que ceux précités, le festival reçoit aussi des artistes plus nouveaux sur la scène baroque, mais non moins talentueux. Ainsi l’ensemble genevois Les Argonautes de Jonas Descotte est-il au rendez-vous (20/08-20h30), en effectif resserré, pour un lumineux programme « Dixit Dominus » réunissant le célèbre et le rare ; Haendel et Lotti.
La fin de saison de l’Opéra de Paris a mis en lumière le talent d’Antonia Bembo avec une production remarquée d’Ercole amante. Bembo a inspiré William Shelton un programme « Une Vénitienne à Paris » (enregistré pour le label Oktav Records) : il le reprendra à Sablé (21/08 - 15h) avec la complicité de la gambiste Alice Trocellier et du luthiste Léo Brunet.

De Monteverdi au XXe siècle
Quant à la clôture de l’édition 2026 (22/08 – 20h30), c’est à l’une des plus belles formations vocales françaises qu’elle revient : l’ensemble Aedes, qui fête ses 20 ans cette année. (1) On les retrouvera dans un programme représentatif de l’aisance avec laquelle Mathieu Romano et ses chanteurs naviguent entre les siècles et les styles. Avec « Madrigaux pour Ariane », un concert mêlant Monteverdi à des auteurs tels que Britten, Ligeti ou Daniel-Lesur attend les mélomanes et offre l’occasion au Festival de Sablé de réunir des pages baroques et du XXe siècle, servies par « un ensemble qui compte dans le paysage culturel français et européen », que L. Baert, se dit « très heureuse de recevoir. » Alléchante soirée de clôture que viendront magnifier des lumières signées Nolwenn Delcamp-Risse.
On n’oubliera pas enfin, « Welcome », création de la compagnie de danse sarthoise Zutano BaZar (20/08-18h) sur des musiques de Purcell en particulier, ni « Alfonsina », programme de chansons populaires latino-américaines que Mariana Flores offrira, entourée de Quito Gato et Romain Lecuyer.(21-08-11h)
Alain Cochard

Du 19 au 22 août 2026
billetterie.lentracte-sable.fr/catalogue_spectacle?lng=1
(1) Lire l’interview de Mathieu Romano : www.concertclassic.com/article/une-interview-de-mathieu-romano-fondateur-et-chef-de-lensemble-aedes-depuis-les-debuts-du
Photo © Sylvain Gripoix
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