Journal

​Saison 2026-2027 de l’Opéra national du Capitole de Toulouse – Un équilibre idéal

 
Les amoureux d’opéra guettent toujours avec grande impatience l’annonce de la nouvelle saison du Capitole de Toulouse. C’est fait, et, il faut en convenir, la programmation concoctée par Christophe Ghristi, directeur artistique de la scène lyrique occitane, a de quoi les satisfaire par l’équilibre idéal qu’elle offre entre les répertoires, entre les nouvelles productions et les reprises, tout comme par la qualité des metteurs en scène, des chanteurs et des chefs – souvent jeunes et déjà très en vue – qu’elle réunit.

 

Michel Fau © Léo Marchi

 
Lohengrin après une trop longue absence
 
Au chapitre des nouveautés, Peter Grimes dans la mise en scène acclamée de David Alden (production venue de l’English National Opéra et pour la première fois présentée en France) est promis à un beau succès, d’autant que Nikolai Schukoff y incarnera pour la première fois le rôle-titre, sous la direction de Frank Beermann. (20-29 novembre)
Lohengrin : titre fameux s’il en est, et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, l’ouvrage de Wagner n’a pas été monté au Capitole depuis près d’un demi-siècle. Il était grand temps de remédier à cette trop longue absence. Michel Fau – que Christophe Ghristi apprécie pour sa capacité à « aller jusqu’au bout de la folie visionnaire » des compositeurs – sera à l’œuvre et pourra compter sur une formidable équipe musicale, avec Michele Spotti en fosse et une distribution emmenée par Airam Hernández et Chiara Isotton (28 janvier-7 février).

 

Stéphane Degout © Cédric Roulliat

 
Un Roi Arthus très attendu

La musique française fait partie de l’ADN du Capitole et de son orchestre depuis les années Plasson : elle fera l’événement avec une partition aussi rare qu’importante dans le panorama lyrique du tournant du siècle : Le Roi Arthus (1903) unique opéra d’Ernest Chausson – immense compositeur à la destinée cruellement brève. Une nouvelle production d’autant plus prometteuse qu’elle verra la prise de rôle de Stéphane Degout, à côté de la Genièvre de Catherine Hunold, splendide chanteuse à laquelle le Capitole fait une nouvelle fois confiance – on aimerait que son exemple soit plus suivi sur d'autres scènes françaises ... Nul doute que la mise en scène de l’imaginatif Aurélien Bory saura nous faire oublier les copieux ratages de Keith Warner en 2014 à Strasbourg et de Graham Vick en 2015 à Paris. (23 avril – 2 mai)

 

Emiliano Gonzalez Toro © Michel Novak

 
L’opéra baroque en scène ou en version de concert

 
Nouvelle production côté baroque aussi avec un Couronnement de Poppée confié à Mathilde Etienne et à Emiliano Gonzalez Toro, à la tête de son Ensemble I Gemelli, avec le concours de voix que C. Ghristi qualifie de « piliers de la jeune génération du Capitole » : Adèle Charvet, Marie Perbost, Victoire Bunel. (19-23 mai).
L’opéra baroque sera également présent en version de concert avec Stéphane Fuget et ses Epopées pour une Médée de Charpentier dont le rôle-titre reviendra à Marie-Nicole Lemieux lors d’une unique représentation (26 sept.) Une seule date aussi (25 nov.) pour King Arthur sous la direction d’un chef plus que familier avec l’ouvrage de Purcell : Hervé Niquet.

 

Yannis Kokkos © Tommaso Lepera

Des reprises attendues
 
Quant aux reprises, nul se plaindra du retour de la Rusalka de Dvorak magnifiée par Stefano Poda. Très applaudie en 2022 (1), la production bénéficie d’une nouvelle distribution (Ruzan Mantashyan dans le rôle-titre) et de la baguette de l’excellent Giacomo Sagripanti (22 sept. – 4 oct.). Une reprise événement pour l’ouverture de saison compte tenu de l’accueil réservé à ce spectacle il y a quatre ans.
Le Capitole est devenu « un véritable relai des scènes italiennes en France – en répertoire comme en distribution », souligne C. Ghristi. À preuve : après Adrienne Lecouvreur la saison passée, c’est au tour du Barbier de Séville, dans la régie vitaminée de Josef Ersnt Köpplinger, de tenir l’affiche pour pas moins de neuf dates (28 fév. – 6 mars) sous la baguette d’Alfonso Todisco, avec une jeune et double distribution largement italienne.
Reprise aussi que celle de la Medea de Cherubini, qui sera pourtant une découverte pour les spectateurs de la nouvelle génération. C’est en effet en 2005 que Yannis Kokkos signa un spectacle que le Capitole remonte en clôture de saison. Le talentueux jeune Péruvien Dayner Tafur-Díaz (né en 1998) sera en fosse, tandis que Karine Deshayes et Roberto Alagna (une prise de rôle qui ne laissera pas indifférent) tiendront les deux emplois principaux.
 
Alain Cochard
 

 
(1) www.concertclassic.com/article/rusalka-selon-stefano-poda-au-theatre-du-capitole-le-tcheque-sied-toulouse-compte-rendu
 
 
Saison 2026-2027 de l’Opéra national du Capitole de Toulouse
opera.toulouse.fr/saison-2026-2027/
 
Photo © Opéra national du Capitole de Toulouse

Partager par emailImprimer

Derniers articles