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Le Quatuor Hermès et Geoffroy Couteau au Festival de Quatuor du Luberon 2026 – Du bonheur – Compte rendu

 

La 51ème édition du Festival de Quatuors du Luberon se poursuit jusqu’au 28 août prochain. Le Quatuor Hermès vient d’y faire escale en compagnie de Geoffroy Couteau – nouvellement élu Président et co-directeur artistique du festival – dans un programme Webern, Smetana et Dvořák.

 

Geoffroy Couteau © Jean-Baptiste Millot 

Vers 18h 30, sous les voûtes du cloître de l’abbaye cistercienne de Silvacane, les pipistrelles provençales vous accueillent tout en gobant, au vol, les moustiques ! Respectueuses du public et des musiciens, les chauve-souris s’éclipsent ensuite poursuivant leur dîner nocturne et quotidien en rase campagne ! Le moment choisi par le Quatuor Hermès pour prendre possession de la scène située dans un angle du cloître, celui proche du point d’eau où les moines effectuaient leurs ablutions.

En guise d’amuse-oreilles, les musiciens nous ont proposé la dégustation des Six Bagatelles op. 9 de Webern. Quatre minutes de musique, des pièces brèvissimes, données avec autant de raffinement que de précision. Cette œuvre figurant en deuxième position sur le programme, a quelque peu surpris le public qui attendait Smetana et qui, pantois, en a oublié de saluer l’interprétation de ces miniatures qui préfigurent, avec d’autre compositions, l’avènement du dodécaphonisme chez Webern.

 

© M.E. 

 

Faire jaillir l’émotion et la mélancolie

L’attaque, puissante, du premier mouvement du Quatuor n°1 « De ma vie » ramenait le public et son attention vers ce coin de pierres sèches et blondes d’où allait jaillir l’émotion et la mélancolie. Est-ce un effet de l’acoustique du lieu, toujours est-il que le son du quatuor prenait ici un volume remarquable avec les accents graves et profonds de l’alto de Manuel Vioque-Judde, l’omniprésence du violoncelle de Yan Levionnois, poutre maîtresse de l’édifice musical, l’élégance et la sensibilité des archets d’Omer Bouchez et Elise Liu. Des qualités qui ont procuré à l’ouvrage de Smetana, une dimension à la hauteur de ce qu’elle fut, tour à tour insouciante puis dramatique avec l’arrivée de la surdité.

  

Un Dvořák enjoué et dynamique

La deuxième partie du concert était consacrée au 2e Quintette avec piano en la majeur de Dvořák. Ici aussi, le volume et la rondeur du son ont fait merveille avec de échanges d’une belle intensité entre les cordes et le piano. Construite autour des danses populaires, l’âme slave irrigue la musique et l’interprétation qu’en livrent les Hermès et Geoffroy Couteau est enjouée et dynamique. Les instrumentistes ont l’habitude de jouer ensemble et leur complicité confirme le plaisir qu’ils ont à le faire. Plaisir partagé par l’assistance qui leur a réservé une chaleureux accueil, récompensé par un bis livré de manière aussi somptueuse que ce qui précédait : l’Andante du Quintette pour piano op. 34 de Brahms (ouvrage dont les interprètes ont signé un bel enregistrement pour La Dolce Volta). Du bonheur, encore du bonheur…

Michel Egéa
 

Abbaye de Silvacane, 17 août 2026 / Le 51e Festival de Quatuors du Luberon se prolonge jusqu’au 28 août : http://quatuors-luberon.org/new/programme.php?lg=FR#

 Photo © quatuor-hermes.com

 
 
 
 
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