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​50 cantates en 12 concerts au Bachfest Leipzig – Le paradis sur terre !

 

 
Après le coup d’essai (qui fut déjà un coup de maître), le coup de génie ! Il y a huit ans, le festival Bach de Leipzig avait organisé le Leipziger Kantaten-Ring, un véritable marathon de 33 cantates en trois jours. Cette année, ce sont 50 cantates qui ont été données en 6 jours et en 12 concerts. Une formidable performance technique et artistique, résultat d’un long processus et d’une organisation sans faille, sous la houlette de festival Michael Maul, Intendant et Directeur Artistique du Bachfest Leipzig.

 

Philippe Herreweghe © Bachfest Leipzig

 
À la manière de l’Eurovision
 
Le projet du TOP 50 Bach-Kantaten a été lancé il y a deux ans, d’abord pour s’assurer de l’accord des chefs d’orchestre sollicités et de leur orchestre respectif : Ton Koopman (photo), Philippe Herreweghe, Rudolf Lutz, Hans Christoph Rademann, John Eliot Gardiner et Lionel Meunier, « la ligue des champions » selon les organisateurs. Deuxième temps : la consultation des festivaliers, invités l’année dernière à donner une liste de leurs 50 cantates préférées, avec un système de notation comparable au concours de l’Eurovision. Ce vote a mobilisé plus de 7000 personnes et le résultat a été tenu secret jusqu’au dernier moment. C’est seulement avant chaque concert que le public a pu découvrir les cantates retenues et finalement, ce Top 50 (1) inédit et fort représentatif, compte tenu du nombre important de votants.

 

Hans Christoph Rademann © Bachfest Leipzig 

 Les cantates les plus connues
 
Pas de grandes surprises : les cantates les plus connues de Bach figurent dans cette liste et les cinq premières, Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit (BWV 106), Ich hatte viel Bekümmernis (BWV 21), Wachet auf, ruft uns die Stimme (BWV 140), Christ lag in Todesbanden (BWV 4) et Herz und Mund und tat und Leben (BWV 147) sont des chefs d’œuvre incontestés. Elles sont aussi représentatives de la créativité prodigieuse de Bach, de sa jeunesse à sa maturité la plus accomplie. On pourra cependant regretter l’absence dans ce classement de la Trauer Ode (BWV 198). A cette œuvre incontournable, j’ajouterai volontiers les cantates Freue dich Erlöste Schaar (BWV 30), Die Elenden sollen essen (BWV 75) ou Ihr werdet weinen und heulen (103). Mais le choix des festivaliers ne se discute pas. Visiblement, les votants ont quelques instruments solistes de prédilection : le hautbois (43 cantates) la trompette, souvent par groupe de 3 (20 cantates) et la flûte (14 cantates). Ce qui est saisissant et admirable (mais qui en doute ?) c’est la science, le soin, l’imagination et l’humanité que Bach met dans chaque air, chaque chœur, chaque choral, et même chaque récitatif. Rien n’est négligé, tout est important à ses yeux.

 

John Eliot Gardiner © Bachfest Leipzig

 
Homogénéité de style

 
Six chefs ont donné à la vie à ces 50 chefs-d’œuvre. Tous ont su parfaitement traduire leur passion et leur connaissance approfondie de ce répertoire, en particulier de la rhétorique musicale. Chacun l’a fait avec ses moyens propres et ses choix esthétiques : petite formation vocale et instrumentale pour Lionel Meunier, effectif plus fourni pour Rudolf Luztz et Hans Christoph Rademann, solos chantés par les membres du Constellation Choir (et sans partition) chez John Eliot Gardiner, continuo fleuri sous les doigts de Ton Koopman, contreténor pour les airs d’alto chez Philippe Herreweghe, absence (habituelle) de chef pour Vox Luminis. L’impression d’ensemble est une homogénéité évidente de style. Les six orchestres chantent littéralement (mention spéciale pour tous les hautboïstes) et les chœurs sont toujours d’une grande lisibilité, quel que soit le lieu (la tribune de saint-Thomas et le chœur de saint-Nicolas).
Impossible de donner les noms de la vingtaine de solistes qui ont participé à ce tourbillon de musique ; pourtant il convient de mettre en avant la subtilité de Klaus Mertens, la vaillance de Daniel Johannsen, la lumineuse Miriam Feuersinger (en particulier dans les chorals a capella), l’époustouflante Katharina Konradi et l’élégance de Alex Potter. Tous, chanteurs, musiciens et chefs ont fait de ces 12 concerts une réussite totale. Le paradis sur terre !
 
Thierry Geffrotin
 

(1) www.bachfestleipzig.de/de/bachfest/top-50-kantaten-top-50-cantatas
 

 
Bachfest Leipzig 2026
www.bachfestleipzig.de/en/bachfest
« TOP 50 Bach-Kantaten », du 12 au 17 juin 2026
Eglises saint-Thomas & saint-Nicolas

Photo © Bachfest Leipzig

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