Concertclassic.com
2000-2010, dix ans de
musique classique, vivante


Accueil
Contact

Régions
Festivals
Salles et Opéras
Paris et rp


A découvrir
Chroniques Doucelin
Comptes rendus
A la une


Danse
Opéra
Prochainement
Tarifs réduits


Texte
Plus de vidéos
Texte
A la une


Texte
DVD
Texte
Bons plans

AGENDA JOURNAL BILLETTERIE TV VIDEO NEWSLETTER
 

TARIFS REDUITS

Festival Quatuors à Saint Roch - Quatuors Ysaye, Ardeo, Psophos, Modigliani - Haydn, Brahms, Schumann, Schubert, Beethoven... - 17 euros

Concerts à la Sainte Chapelle - 22,50 euros

Passion selon Saint Jean de Jean-Sébastien Bach - La Chapelle Rhénane - Eglise Saint Roch - 37 euros

Leçons de Ténèbres de Marc Antoine Charpentier - Il Seminario Musicale - Oratoire du Louvre - 29 euros

A RESERVER DES MAINTENANT

Le Messie de Haendel - Le Concert Spirituel, Hervé Niquet - Salle Pleyel - à partir de 48 euros

Orchestre Symphonique des 100 violons Tziganes de Budapest - Théâtre des Champs-Elysées - 62 euros

Siddharta de Preljocaj - Etoiles, Premiers danseurs et Corps de ballet - Opéra Bastille - 1ère catégorie - 95 euros

Rolando Villazon - Paul McCreesh, Gabrieli Consort - Haendel, Bach - Salle Pleyel - à partir de 96 euros

Festival de Radio France et Montpellier


Les prochains concerts dans votre ville :
Aix-en-Provence
Amilly
Ancy-le-Franc
Angers
Arles
Avignon
Beaugency
Cannes
Cantenac
Catllar
Chamerolles
Charenton le Pont
Clermont-Ferrand
Colmar
Corneilla de Conflent
Eus
Germigny-des-Prés
Hyères
Illkirch
Joué-lès-Tours
La Réole
La Riche
Les Pennes Mirabeau
Liège
Lorris
Luxembourg
Lyon
Maisons Alfort
Maisons-Laffitte
Marcevol
Margaux en Gironde
Marseille
Metz
Meung-sur-Loire
Molitg
Montargis
Montpellier
Mosset
Mulhouse
Nice
Orange
Orléans
Paris
Prades
Reims
Saint Chamond
Saint-Etienne
Saint-Michel de Cuxa
Salon-de Provence
Salses
Semur-en-Auxois
Simiane-la-Rotonde
Strasbourg
Sully-sur-Loire
Tonnerre
Toulouse
Tournon
Vernet-les-Bains
Versailles
Villefranche de Conflent

Rédacteur en chef : Alain Cochard
Recherchez dans tous les articles depuis 2000 >>   

     

     

19 Mai 2009 - Compte-rendu - Cyrano de Bergerac d’Alfano au Châtelet - Cyrano enfin



Voilà, c’est fait, Paris aura enfin revu ce Cyrano selon Franco Alfano que José Luccioni avait dévoilé dans sa mouture française à l’Opéra Comique en 1936, doublant la création romaine de la version italienne. Le langage pseudo moderne d’Alfano, paré souvent d’une certaine ironie, s’y fait plus simplement décoratif, efficace, plus sollicité et facile aussi que celui qu’il emploiera à ses plus grandes réussites lyriques, Sakuntala, et surtout Risurrezione qu’il faudrait voir et entendre à sa juste valeur, rien moins qu’un quasi chef-d’œuvre. Pour Cyrano, Alfano ne prétend pas à ce degré d’inspiration, il flamboie d’orchestre, il italianise sans prendre garde, de rythmes, d’appuis, un français pourtant pas si exotique que cela au compositeur, il écrit large et clairement grand opéra pour des voix de tessiture, de timbre ultramontaines et revendiquées comme telles. Le métier, admirable, est partout et se fait voir sans honte, arborant un savoir faire tapageur qu’un Cilea, un Zandonai ont su plier souvent avec plus d’art et de simple personnalité à des sujets tout aussi ambitieux mais moins proches par leur livret d’une source littéraire prestigieuse (Adrienne Lecouvreur, Francesca da Rimini sont elles des partitions de première force).

Mais l’éclat de l’Hôtel de Bourgogne, la poésie un peu maladroite du Balcon, le grand geste du Siége d’Arras, la mélancolie assez conversation en musique du Couvent des dames de la Croix sont subtilement dessinés et atteignent souvent à l’émotion. Au total l’œuvre reste infiniment séductrice et ne fait pas mentir Edmond Rostand qu’Henri Cain suit d’ailleurs au mot près.

Le Châtelet a donné de grands moyens à Petrika Ionesco : son Hôtel de Bourgogne vu du fond de scène est fabuleux d’éloquence, de maestria, d’éclat, montre un métier du mouvement de foule, une virtuosité jamais creuse pimentée comme dans le tableau chez Ragueneau d’un vrai sens du spectacle dans le spectacle avec force acrobates et bretteurs ; c’est dans ce brillant que son art idéalement apparié à celui du compositeur jette ses plus beaux feux.

Lorsque l’intrigue de substitution apparaît, dès le Balcon, Ionesco s’absente pour ne plus revenir que lors du siège d’Arras, plus brouillon, plus incertain de geste, sans véritable tension de guerre ou de famine.

Que la nécessité de la direction d’acteur paraisse, il abdique, refusant à son spectacle la vérité du théâtre. Chacun fait donc comme il peut ou veut. Nathalie Manfrino donne encore plus de fantaisie et de panache blessée à sa Roxane, un rôle qu’elle porte avec son charisme habituel et son intelligence d’actrice mais qu’elle minore d’une voix plafonnée, incertaine, fatiguée souvent jusque dans un timbre rêche, mais voilà elle est le personnage, gamine déçue par le total manque d’éloquence de Christian, jeune fille de grande allure lorsqu’elle passe les lignes espagnoles dans son carrosse avec le prétexte d’amour, justement émouvante dans sa conversation finale avec Cyrano.

On trouvera la raison de cette maturation depuis ses incarnations montpelliéraines dans la présence plus sombre, plus brûlante dans un sens noir, que Placido Domingo donne à son Savinien. Là où Alagna composait un personnage univoque, un peu trop Fanfan la Tulipe, très cape et épée, mais suprêmement dit et chanté ce à quoi Domingo ne peut plus prétendre (et pour dire en français n’a jamais pu), l’espagnol met des arrière-plans tragiques, va très loin, et plutôt dans Rostand que dans Alfano, malgré l’approximation des mots sauvés par un art de l’expression transcendant. Sa mort donnait le frisson, et remboursait d’une ballade du Duel hachée où la voix n’avait pas encore pu se chauffer (Alagna y reste inimitable, c’est peut être le plus enivrant moment de la partition). Mais taisons nos critiques, si l’on a pu revoir Cyrano c’est d’abord parce que Domingo rêvait de le chanter à Paris, et la voix conserve à un âge avancé – il avoue une bonne soixantaine mais aurait dépassé les soixante-dix – une homogénéité, une présence, un drive, une tenue - et des aigus ! - qui laissent pantois.

Sa présence en scène ne fait qu’une bouchée du Christian pâlot de Saimir Pirgu et la distribution étonne par quelques emplois mal assortis : on aurait donné sans hésiter De Guiche à la stature, à l’autorité naturelle, au mordant de Laurent Alvaro un peu sous employé en Ragueneau alors que Marc Labonnette n’a pas le panache naturel du général dont la tessiture épuise vite sa voix trop vibrée. Franco Pomponi décevait en Valvert et en Carbon, transparent. On se remboursait avec Christian Helmer, Le Bret magnifique, de timbre, de diction, d’élan, de mordant, baryton par l’agilité, basse par la profondeur des harmoniques.

L’Orchestre Symphonique de Navarre saisissait avec panache la verve d’Alfano, mais Patrick Fournillier la sollicitait trop, étranglant souvent ses chanteurs par tant de décibels. Une lecture plus subtile irait comme un gant au grand geste, ça et là décousu, que le compositeur a mis dans son orchestre et qui en fait le personnage principal de son opéra.

Découvrez l’œuvre impérativement et procurez vous le programme, un modèle d’à propos et de documentation ou les plumes inspirées (Olivier Rouvière) ou érudites (Jean Cabourg) vous diront tout et de Cyrano et d’Alfano.

Jean-Charles Hoffelé

Franco Alfano : Cyrano de Bergerac - Théâtre du Châtelet, Paris, le 19 mai, puis les 22, 25, 28 et 31 mai 2009

> Programme détaillé du Théâtre du Châtelet

> Voir les vidéos d’opéra

> Lire les autres articles d’Alain Cochard

Photo : Marie-Noëlle Robert

LES ACTUALITES   
 

Compte-rendu : Barcelone / Triomphe pour Cio « Fifi Brin d'acier » ! - La fille du régiment au Liceu

Compte-rendu : Diablement réussi ! Fanny Ardant et le Scharoun Ensemble au Musée d’Orsay

Compte-rendu : Un piano olympien - Nicholas Angelich en récital au TCE

Compte-rendu : Sombre splendeur - Emilie de Saariaho à l’Opéra de Lyon

Compte-rendu : Transe straussienne - Marek Janowski à l’Orchestre de Paris

Compte-rendu : Quadrature du cercle réussie - Lucio Silla à Nantes

Compte-rendu : Un piano intelligent - Bertrand Chamayou en récital

Compte-rendu : Le feu d’artifice - Les Saisons Russes du XXIe Siècle au TCE

Compte-rendu : Clôture en apothéose - Grigory Sokolov aux Grands interprètes de Lyon

Compte-rendu : Ma petite comédie ! * L’Or du Rhin à l’Opéra Bastille

Compte-rendu : Robustesse d’un Mozart toujours jeune - Les Noces de Figaro à Rouen

Compte-rendu : Quand Maazel est là - La Philharmonie de Vienne au TCE

Compte-rendu : Duo de rêve - Antoine Tamestit et Cédric Tiberghien

Compte-rendu : Une reprise exemplaire - Les Noces de Figaro à Tourcoing

Compte-rendu : Berlin hier et aujourd’hui - Simon Rattle et les Berliner Philharmoniker

Compte-rendu : Un hommage hors des sentiers battus - Prades au TCE

Compte-rendu : Danse avec le robot - « Sans objet » d’Aurélien Bory

Compte-rendu : Deux mariages et un divertissement – Béatrice et Bénédict selon Dan Jemmet

Compte-rendu : Le retour du Cavaliere - Falstaff au TCE

Compte-rendu : Pour l’amour du beau chant - Otello de Rossini à Lausanne

Compte-rendu : Anniversaire en la majeur - Christoph Eschenbach et l’Orchestre de Paris

Compte-rendu : Plus d’aisance que d’imagination - Alice Sara Ott au Louvre

Compte-rendu - Une juvenile Fantastique - Christoph Eschenbach dirige Berlioz

Compte-rendu : A nos amours - Les belles heures du Ballet du Capitole

Compte-rendu : Eloge de la pureté - Le Quatuor Arcanto au Châtelet

Compte-rendu : Toute la sainte Russie - L’Orchestre du Capitole à Pleyel

Compte-rendu : Quand le répertoire a du bon - Don Carlo à l’Opéra Bastille

Compte-rendu : Au cœur du Seicento romain - Les Vêpres de Mazzocchi par le Cantus Cölln

Compte-rendu : Un Chopin pacifié - Denis Pascal en récital

Compte-rendu : Chaud-froid sur un air de scottish - Stephane Denève et le Royal Scottish National Orchestral

Compte-rendu : Un Chopin sans emphase - Lise de la Salle aux Midis musicaux du Châtelet

Compte-rendu : Jan Lisiecki - Un talent ingénu

Compte-rendu : Mahler et le Rocher - Yakov Kreizberg dirige le Philharmonique de Monte Carlo

Compte-rendu : Ardeur beethovénienne - Daniel Barenboim soliste et chef de la Staatskapelle Berlin

Compte-rendu : Un instant d’humanité - Graf Mourja et Evgheny Brakhman en duo

Compte-rendu : Une « Résurrection » sans vie - Daniel Gatti dirige la 2ème Symphonie de Mahler

Compte-rendu : Danse/ Exquises douleurs - Reprise de La Dame aux camélias à Garnier

Compte-rendu : Promesses non tenues - Alan Gilbert et le New York Philharmonic

Compte-rendu : Folies d’hier et d’aujourd’hui - Jean-Marc Andrieu et Les Passions

Compte-rendu : A l’épreuve des symphonies de Beethoven - Sir John Eliot Gardiner et le London Symphony Orchestra

Compte-rendu : Chopin à toute heure - Folle Journée de Nantes 2010

Compte-rendu : Rossini côté farce - La Cenerentola au Théâtre des Champs-Elysées

Compte-rendu : Veine mahlérienne - Wolfgang Doerner et l’Orchestre Pasdeloup

Compte-rendu : Sous le signe de Franck - François Dumont et le Quatuor Debussy

Compte-rendu : Massenet et Debussy en miroir - Un récital Jean-Efflam Bavouzet

Compte-rendu : Le génie de Puccini à l’oeuvre - Manon Lescaut à l’Opéra de Lyon

Compte-rendu : La Somnambule à la Bastille - Heureuse surprise, néanmoins

Compte-rendu : Gergiev paradoxal - Tchaïkovski par l’Orchestre du Mariinsky

Compte-rendu : Parfaite osmose - Leonidas Kavakos et Nicholas Angelich

Compte-rendu : L’esprit de Schubert - Schubertiades de Dijon

Compte-rendu : Maudite lettre - Eugène Onéguine à l’Opéra de Lille

Compte-rendu : Moment de grâce beethovénienne - Philippe Jordan et François-Frédéric Guy

Compte-rendu : Le jardin féérique de Jean-Claude Casadesus - L’Orchestre National de Lille à Dijon

Compte-rendu : Un vibrant War Requiem - Ingo Metzmacher dirige Britten

Compte-rendu : Plus que jamais royaux - Les King's Singers à Gaveau

Compte-rendu : « Ce mortel ennui… » - Norma au Châtelet

Compte-rendu : Une éternelle jeunesse - Paul Badura-Skoda et Jörg Demus en duo

Compte-rendu : Quel style ! - Le Quatuor Casals à la 4ème Biennale de Quatuors à cordes

Compte-rendu : Reine du Comique - The Fairy Queen à l’Opéra Comique

Compte-rendu : Relève assurée - Till Fellner interprète Beethoven

Compte-rendu : L’élégance joyeuse - Riccardo Muti dirige l’Orchestre National

Compte-rendu : Sacrée Damnation ! - Tugan Sokhiev dirige Berlioz à Toulouse

Compte-rendu : Carte du tendre - Werther à l’Opéra Bastille

Compte-rendu : Une virevoltante maîtrise - Benjamin Alard interprète Bach

Compte-rendu : Julie de Philippe Boesmans - Un modèle de théâtre musical

Compte-rendu : Ivan Fischer et l’Orchestre du Festival de Budapest - Un programme déconcertant

Compte-rendu : Création du Requiem de Thierry Lancino - Un oratorio mondialisé

Compte-rendu : Daniele Gatti et Tatjana Vassiljeva - Entre ombre et lumière

Compte-rendu : Gleb Ivanov - Plus qu’un pianiste, un véritable musicien

Compte-rendu : Concert du Nouvel An à Cracovie - Un parfum d’Italie

A vos plumes ! Faites nous part de vos réactions :

concertclassic.com © 2007  
    Contact - L'équipe - cgv billetterie - Professionels - La newsletter