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Ouverture de Saison 26-27 de l’Opéra de Lille [27 sept. – 14 nov.) – Magicienne d’automne

Adopté à la rentrée 2026, avec l’arrivée de Barbara Eckle à la tête de l’Opéra de Lille, le découpage en « constellations », ensembles thématiques bâtis autour de chacune des productions lyriques de la saison, a fait ses preuves. Il est à nouveau de mise pour 2026-2027 : à la « Constellation d’automne » revient naturellement d’ouvrir la saison, avec Alcina de Haendel.
Emmanuelle Haïm de retour à Lille
Nouvelle direction à la tête de la maison lilloise depuis l’an dernier ? Certes, mais ceci n’interdit aucunement de miser sur les liens de fidélité tissés à l’époque de Caroline Sonrier où l’on a eu bien des occasions d’entendre Emmanuelle Haïm (photo). La résidence de cette dernière et de son Concert d’Astrée avait commencé dès 2004 avec Tamerlano de Haendel. Nombre de productions s’ensuivirent, dont une bonne part haendeliennes : Giulio Cesare/2007 ; Orlando/2010 ; Agrippina/2011 ; Il trionfo del Tempo e del Disinganno/2016 ; Rodelinda/2018 et, enfin, en 2022, Semele dans la mise en scène de Barrie Kosky.(1)

Karine Deshayes © Aymeric Giraudel
Distribution de choix pour une nouvelle production
Quatre ans après ce spectacle très applaudi, Emmanuelle Haïm retrouve l’institution lyrique lilloise avec ce même compositeur. Alcina est cette fois à l’affiche pour une nouvelle production confiée à Ewelina Marciniak. La metteuse en scène polonaise entend « explorer le royaume de la magicienne comme un lieu de tous les possibles, où le désir s’épanouit au-delà des normes et des logiques de possession. »
Quant à la distribution, elle constitue l’un des atouts de taille du spectacle puisqu’il pourra compter sur la participation de Karine Deshayes pour le rôle principal, avec à ses côtés Adèle Charvet en Ruggiero. Ce sera là le début d’une rentrée très haendelienne pour la mezzo qui, après sa prise de rôle lilloise, en effectuera une autre, en Nerone, dans l’Agrippina que Thibault Noally dirigera en version de concert le 10 novembre au Théâtre des Champs-Elysées au commencement d’une tournée européenne (Amsterdam, Barcelone, Madrid, Lausanne, Essen)(2). Une Alcina qui réunira en outre les voix de Jasmin White (Bradamante), Lunga Eric Hallam (Oronte), Lilit Davtyan (Morgana), Camille Chopin (Oberto) et Ashley Riches (Melisso).

Adèle Charvet © Marco Borggreve
Hors les murs en Belgique
Reste que la Constellation d’automne lilloise ne se limite pas à Alcina (six dates du 6 au 17 oct.). Elle débute dès le 27 septembre, en Belgique, avec une unique représentation de De Materie (La Matière) de Louis Andriessen (1939-2021) sous la direction de Bas Wiegers et dans la mise en scène de Phia Ménard. Un hors les murs pour l’ "opéra philosophique" du musicien néerlandais auquel s’ajoute, à l’autre extrémité de la constellation (22 nov.), et toujours en Belgique, la venue du Bare Feet Dance Theatre de Taïwan au théâtre de Courtrai. (22 nov.)
Toujours au chapitre danse, mais à Lille cette fois (13 et 14 nov.), on notera aussi « Androgynous, Portrait of a Naked Dancer », fruit de la collaboration entre la metteuse en scène Lola Arias et la performeuse River Roux.

Simon-Pierre Bestion © compagnielatempete
Silent prayers & electronic visions
Côté musique, on ne manquera pas la venue des irrésistibles Kapsber’girls (24 sept.) pour une promenade entre France, Espagne et Italie, ni celles du duo Brenda Poupard/Kaoli Ono (22 oct.) pour des mélodies signées Ono, Holmès, Viardot, Strohl et Debussy, ou du magnifique Quatuor Tana (4 nov.) dans Debussy, Patricia Alessandrini et Schoenberg (La Nuit transfigurée en version sextuor, avec le renfort de deux fins chambristes : Vincent Hepp et Marie Hallynck).
À chaque constellation son « concert insomniaque » : la Compagnie La Tempête et Simon Pierre Bestion ont imaginé le leur autour du thème « Silent prayers & electronic visions »(7 nov.) : la première partie (21h) réunissant des pages de Purcell, Hersant, Taverner, Pärt, Tallis ; la seconde (22h30) consistant en une singulière mosaïque de Pérotin à Hosokawa, de Scelsi à Feldman, ou de Reich à Nørgård.
Walshe, Piazzolla et Verdi
Quant à la suite la saison, la constellation d’hiver s’organisera autour de Mars de Jennifer Walshe (un ouvrage créé en 2025 à Galway dans une mise en scène de Tom Creed et de la compositrice) ; celle de printemps penchera vers l’Amérique latine avec nouvelle production de María de Buenos Aires de Piazzolla (m.e.s. Giulia Giammona) ; tandis que l’arrivée de l’été rimera avec Verdi et une nouvelle production d’Otello (m.e.s. Árpád Schilling), en coproduction avec l’Opera Ballet Vlaanderen.
Alain Cochard

Opéra de Lille Saison 2026/2027 : https://www.opera-lille.fr/
Photo © Priska Ketterer
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