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L’Ensemble Atmosphères à la Salle Cortot - Redonner (en)vie - Compte rendu

 

 

Dès sa première saison, l’an dernier, l’ensemble Atmosphères s’est distingué par l’originalité de ses programmes, dont Concertclassic s’est fait l’écho (1). Pour Ilyich Rivas, le jeune chef américano-vénézuélien qui a fondé l’ensemble, la musique doit nous emmener toujours ailleurs, vers l’inattendu, au gré de nos curiosités.

 

 © Studio Cuicui

Ce concert de rentrée trace ainsi un parcours de plus d’un siècle de musique, entouré de deux symphonies de chambre, forme évidemment hybride où le compositeur – et à suite le chef ! – doit réinventer les équilibres. C’est le cas de celle (en mi majeur op. 33) de George Enesco, l’une de ses dernières œuvres, composée en 1954 : la musique naît de deux voix qui s’individualisent – la flûte et l’alto – puis se développe et se densifie au fil des quatre mouvements. Ilyich Rivas construit une sonorité en perpétuelle évolution, d’abord chambriste puis résolument symphonique. En fin de concert, la Symphonie de chambre op. 9 (1906) de Schoenberg lui répond, œuvre fascinante, révolutionnaire, où le discours symphonique est désormais affaire de solistes, où la couleur naît au plus près des interactions entre instrumentistes – de la musique de chambre, au fond. Ilyich Rivas la dirige avec une irrésistible énergie, quitte à bousculer parfois les équilibres sonores et les articulations.

 

Gaspard Thomas & Stathis Karapanos © Studio Cuicui

 
Invitation à l’écoute fine
 
Entre les deux symphonies de chambre, l’ensemble accueillait le flûtiste Stathis Karapanos, pour un intéressant triptyque. L’interprétation de Mémoriale (1985) de Boulez est à la fois vive – avec ses multiples séquences – et très contenue, Ilyich Rivas dirigeant le petit ensemble instrumental (six cordes et deux cors) comme une invitation à l’écoute fine.
Suit une création de Diogenes Rivas, compositeur vénézuélien né en 1942 (et grand-oncle du chef), beau geste musical d’une quinzaine de minutes où les atmosphères sonores se succèdent et se combinent. Et pour finir, Sueños de Chambi (2002), sept miniatures pour flûte et piano de l’États-unienne Gabriela Lena Frank (née en 1972), inspirées par l’œuvre photographique du Péruvien Martin Chambi : une musique très tonale, puisant dans les traditions populaires – on est aux antipodes de Mémoriale – mais trouvant par moments une grande force d’attraction (Harawi de Quispe, Harawi de Chambi), portée par le jeu inspiré de Stathis Karapanos et du pianiste Gaspard Thomas.
Le prochain rendez-vous à la Salle Cortot, le 28 novembre, est prometteur avec un programme de musique de l’ère soviétique, et notamment le Concerto pour piano, trompette et cordes (1933) de Chostakovitch et le concerto Introitus (1978) de Goubaïdoulina interprétés avec la pianiste russe Polina Osetinskaya.
 
Jean-Guillaume Lebrun
 

Paris, Salle Cortot, 9 octobre 2026 // Prochain concert 28 novembre : www.concertclassic.com/concert/polina-osetinskaya-piano-ensemble-atmospheres
 

 
Photo  © Studio Cuicui / Aude Boissaye, Sébastien Randé, 2026
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