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Marek Janowski et l'Orchestre de Monte-Carlo

Marek Janowski connaît bien la Salle Olivier Messiaen de la Maison de Radio France où il eut maintes fois l'occasion de diriger le "Philar." Cette fois, c'est à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo que le public parisien y retrouve le maestro.

La couleur avait été clairement annoncée : en prenant la direction musicale de la formation monégasque à la rentrée 2000, Janowski n'avait aucunement l'intention de s'offrir une "retraite dorée" sous le soleil méditerranéen. Ceux qui ont eu l'occasion de faire halte sur le Rocher depuis son arrivée auront mesuré l'ampleur de la métamorphose subie par une formation remotivée et rajeunie par un exceptionnel faiseur d'orchestre. On inscrira également au crédit de l'artiste d'avoir introduit dans la programmation de l'OPMC plus de diversité et d'ouverture qu'auparavant en instaurant un équilibre entre l'indispensable grand répertoire, la musique contemporaine et la redécouverte d'auteurs négligés du XXe siècle.

Le concert parisien que Janowski dirige le 16 mars illustre cette orientation puisqu'il associe Schubert, Beethoven et Jolivet. Avec la Symphonie n°3 de l'auteur du Winterreise ou la "Pastorale" de Beethoven, il n'est guère besoin de préciser que le maestro fréquente un répertoire qu'il affectionne particulièrement - et que le choix d'un ouvrage aussi "exposé" que la Symphonie n°6 devrait lui laisser toute latitude pour faire montre du degré d'excellence de sa formation…

Attaché au répertoire germanique certes, Marek Janowski est loin de s'y cantonner. La musique française lui réussit beaucoup aussi (souvenez-vous d'enregistrements consacrés à Messiaen ou à Roussel par exemple). Son choix s'est cette fois porté sur André Jolivet - dont 2005 célèbre le centenaire de la naissance. Daté de 1966, le Concerto pour violoncelle n°2 suivait de près le premier (1962) et naquit à l'instigation de Mstislav Rostropovitch (1) , qui en en fut le créateur.

Autant dire que l'ouvrage requiert un soliste alliant l'ardeur du tempérament à la maîtrise technique et à une vaste palette sonore. C'est à Alban Gerhardt que revient le privilège de faire redécouvrir cette partition magnifique. Elle sera pour beaucoup d'auditeurs l'occasion de découvrir un superbe violoncelliste, plus connu outre-Rhin ou dans les pays anglo-saxons.

Alain Cochard

Salle Olivier Messiaen/ Maison de Radio France. Mercredi 16 mars à 20h (1) Une enregistrement en a été réalisé en 1969 par le violoncelliste russe sous la baguette du compositeur à la tête de l'Orchestre National de l'ORTF. Il a été réédité il y a peu au sein d'un coffret de quatre CD Erato (2564 61320-2)

Photo : DR
 

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