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Compte-rendu : Lodoïska de Cherubini au TCE - Retour raté


N'en voulons pas trop à Jérémie Rhorer de s'être entiché de cette Lodoïska, second ouvrage parisien de Luigi Cherubini, célèbre compositeur italien installé comme Rossini en France, c'est son droit. Il reste que Lodoïska n'est pas Médée, son chef-d'oeuvre, écrit en français, parvenu cependant jusqu'à nous dans sa version italienne. A vingt-huit ans, Cherubini a de l'ambition, mais son orchestration ronflante et une architecture dramatique hasardeuse renforcée par de maigres dialogues parlés affaiblissent une composition censée préfigurer le grand opéra romantique.

Le jeune chef ne peut faire oublier le geste noble et classique de Riccardo Muti (Sony, 1991), l'engagement du Français ne compensant pas le manque d'ampleur et la pauvreté harmonique des instrumentistes du Cercle de l'Harmonie. Après Mireille à Orange et avant Cosi fan tutte à Avignon, Nathalie Manfrino (Lodoïska) arbore une voix opulente, plutôt bien conduite avec de beaux sons filés, mais la diction floue et la mollesse des accents rappellent les défauts de Katia Ricciarelli. Sébastien Guèze n'a pas l'étoffe de Floreski, le chevalier servant de l'héroïne, Armando Noguera tient rondement le rôle du valet Varbel, tandis que Philippe Do impose un valeureux Titzikan. Bon Altamar d'Alain Bouet, correct Dourlinski de Pierre-Yves Pruvot et honnête Lysinka de Hjördis Thébault. Au bout du compte, une déception.

François Lesueur

Cherubini : Lodoïska (version de concert) – Théâtre des Champs-Elysées, 11 octobre 2010

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Photo : DR

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