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Nous persistons et signons : Bernard Haitink n’a toujours pas la place qu’il mérite au panthéon des chefs d’orchestre. Certes le Néerlandais est pris très au sérieux par critiques et institutionnels et adoré par les musiciens qui ont toujours su apprécier son mélange d’humilité et de précision. Il n’en demeure pas moins que le grand public continue à snober ce chef qui ne cultive pas l’esbroufe, qui ne se donne pas en spectacle et qui ne cherche qu’à servir les compositeurs qu’il programme.
Infidèle à son Orchestre National à la tête duquel il nous a donné ces dernières années de sublimes soirées Debussy et Mahler, Bernard Haitink dirige le temps de deux concerts (les 5 et 6 février) l’Orchestre de Paris, phalange qu’il n’a plus dirigée depuis quasiment vingt ans. Le programme qu’il nous a concocté est certes classique – symphonie n°96 de Haydn, Variations sur un thème de Haydn de Brahms et l’Oiseau de feu de Stravinsky – mais devrait nous donner l’opportunité de constater une fois de plus qu’il excelle dans tout ce qu’il entreprend. Son sens de la lisibilité et de la transparence, sa rigueur jamais « bridée » qui se traduit toujours par une incroyable souplesse devraient à coup sûr transparaître dans ce beau programme auquel il manque toutefois un brin de folie.
Si nous ne nous lasserons jamais d’écouter Haitink dans Brahms – son interprétation de la deuxième Sérénade à la tête du Chamber orchestra of Europe donnée à la Cité de la Musique il y a quelques années est inoubliable – nous aimerions tellement qu’il explore des contrées encore à peine foulées. A quand un concert Sibelius ou Berg ? Mais ses apparitions sont suffisamment rares pour que nous soyons prêt à le suivre où qu’il aille. Signalons enfin la parution de son dernier enregistrement : Jenufa de Janacek à la tête de l’Orchestre de Covent Garden de Londres. Déjà un événement.
Erik Verhagen
Photo : DR
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