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La nouvelle saison musicale à Versailles, de septembre à décembre, offre en vingt concerts une programmation riche et éclectique concentrée sur la découverte de nouvelles œuvres baroques historiquement liées au Château de Versailles. De la Bohême jésuite aux partitions méconnues de François Joseph Gossec et d'Elisabeth Jacquet de La Guerre, des musiques de la Pompadour aux arts de la scène, la Cité royale d'Ile de France perpétue une longue tradition musicale active depuis le règne de Louis XIII. Suivez le guide.
Escale de la saison tchèque en France, Versailles (Eglise Notre Dame, le 14 septembre) programme un concert de musique du Baroque tchèque. A l'heure où sont exhumés les fonds de partitions françaises et tchèques du XVIIIe siècle, conservées en Bohême, Graham O'Reilly et son ensemble William Byrd aborderont des œuvres de Michna et de Jacob, tous deux parfaits ambassadeurs du baroque jésuite en Bohême.
Avant Gossec, la figure de la compositrice Elisabeth Jacquet de la Guerre occupe les feux de la rampe versaillaise. A partir du 29 septembre, plusieurs concerts dévoileront l'œuvre et la carrière de l'adolescente prodige, claveciniste, chanteuse et compositrice sous le règne de Louis XIV. Au programme, "cantates spirituelles" (le 29 septembre) et "cantates profanes" puis "pièces en concert" (le 12 octobre). Sont convoqués à ce mini festival, Martin Gester et le Parlement de musique, l'ensemble Amarillis et la claveciniste Blandine Verlet. Seconde figure de femme à l'honneur cette année, La marquise de Pompadour. La première favorite du royaume, fille de banquier, reçut une éducation des plus raffinées et à ce titre, put parfaire ses dons de chanteuse auprès de Pierre de Jelyotte, étoile du chant français au XVIIIe siècle. C'est à la muse praticienne, interprète et "organisatrice de concerts au château" que trois soirées rendent hommage : "Grands motets pour les messes de Louis XV" (Maîtrise du centre de musique baroque de Versailles, direction : Olivier Schneebeli, le 24 octobre. Chapelle Royale), "Madame de Pompadour, claveciniste" (Blandine Rannou, le 16 novembre, galerie Basse), "cantatrice" (Jérôme Corréas et Les Paladins, le 16 novembre, Salon d'Hercule).
Mais on ne saurait évoquer l'éclat musical du Versailles monarchique sans aborder la question des machineries et du théâtre lyrique. Deux auteurs, et non des moindres, seront présentés ainsi à l'Opéra Royal : Rameau d'abord, et son premier chef d'œuvre théâtral, "Hippolyte et Aricie" de 1733 (le 20 octobre, Daniel Cuiller et l'ensemble Stradivaria), Lully, ensuite, dans le "Triomphe de l'amour", ballet royal de 1681 par le spécialiste de ce répertoire, le chef Hugo Reyne et son ensemble "La simphonie du Marais" (le 13 novembre).
Fidèle à son rôle d’explorateur, le centre de musique Baroque de Versailles (CMBV) dévoilera enfin le génie de François Joseph Gossec à partir du 23 novembre. Mort en 1829, le musicien qui compose l'essentiel de son œuvre sous l'ancien Régime, illustre en définitive les évolutions du style et l'émergence des sensibilités au travers de ses nombreuses fonctions qu'il occupa sous le règne de Louis XVI, pendant la révolution, sous le Directoire et à l'époque Impériale. Il s'agit donc d'un maillon essentiel qui éclaire la période menant de Rameau à Berlioz. Nous reviendrons sur ces "journées Gossec" de novembre dont le volet majeur sera certainement la (re) création mondiale de son opéra comique, "Toinon et Toinette", créé en 1767, ressuscité sous la baguette du chef Christophe Rousset (le 23 novembre, Opéra Royal).
Pour l'heure sachons goûter les plaisirs annoncés de septembre, avant ceux de la saison prochaine (Automne 2003) où seront abordés les musiciens de Louis XIII.
Alexandre Pham
Photos : DR
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