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119 euros en 1e cat.
(au lieu de 157 euros)
Opéra Bastille

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Prokofiev et Chostakovitch
de 12 à 17,50 euros
Salle Pleyel

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Rameau : Dardanus
Ens. Pygmalion

44 euros en 1e cat.
(au lieu de 85 euros)
Opéra royal de Versailles

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Didone Abandonnata
Hofkapelle Munchen

38 euros en 1e cat.
(au lieu de 75 euros)
Opéra royal de Versailles

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Opéra :
Don Pasquale
de Donizetti

de 63,50 à 125 euros
Th. des Champs-Elysées

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Vivaldi par l'Ensemble Baroque de Limoges
19 euros
(au lieu de 25 euros)
Th. des Champs-Elysées

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Festival Quatuors
à Saint-Roch

17,50 euros
(au lieu de 20 euros)
Eglise Saint-Roch

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Karita Mattila
(soprano)
Airs de Strauss, Brahms, Debussy...

33 euros en 1e cat.
(au lieu de 64 euros)
Salle Pleyel



Wiener Philharmonic
Th. des Champs-Elysées

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Rigoletto de Verdi
Opéra Bastille

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Didon et Enée
Les Arts Florissants
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Chorégies d'Orange
2012


La Bayadère
(ballet)

Opéra Bastille


Philippe Jaroussky
Th. des Champs-Elysées


Barbier de Séville
de Rossini

Opéra Bastille


Angela Gheorghiu
(soprano)

Salle Pleyel




Rédacteur en chef : Alain Cochard
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11 Décembre 2009 - La Chronique de Jacques Doucelin

Marcel Landowski : celui qui a fait gagner la musique



Il y a juste dix ans, à la veille de Noël, le 23 décembre 1999, disparaissait dans sa quatre-vingt-cinquième année Marcel Landowski, compositeur et père du plus formidable renouveau de la vie musicale française au XXe siècle. Si son nom est passé à la postérité, n’en déplaise à certains, ce n’est pas du tout parce qu’il fut le challenger de son cadet de dix ans, Pierre Boulez, mais bien plutôt parce qu’il s’attela avec une incroyable détermination à la tâche titanesque de sortir la vie de la musique classique en France de l’ornière où elle s’enlisait dans les années 60 faute d’une organisation et de structures dignes de la fin du siècle passé. Aujourd’hui, évidemment, la jeune génération peine à se représenter le chemin parcouru en trois décennies.

Fini le temps où l’Opéra de Paris était la risée de la planète lyrique, où la province musicale était vraiment « horrible » à l’exception de Bordeaux, Strasbourg ou Toulouse qui perpétuaient une tradition ancestrale ! Le Conservatoire de Paris ne visait qu’à produire des Samson François et des Ginette Neveu tandis que nos principaux orchestres parisiens périclitaient, minés par la mentalité de « solistes ratés » de leurs membres… Que constate-t-on aujourd’hui ? Un niveau remarquable dans toutes les phalanges qui ont proliféré dans l’Hexagone. Pas seulement dans les orchestres des capitales régionales labellisés « nationaux » pour la plupart, mais jusque dans des formations de dimension plus modeste comme ceux de Mulhouse ou de Poitou-Charentes, voire aussi au niveau départemental, tel le modeste et valeureux Orchestre de Vendée constitué essentiellement de professeurs des conservatoires locaux, mais confié à un vrai professionnel : Claude Bardon.

Autant dire que les mélomanes français comme nos musiciens professionnels récoltent aujourd’hui les fruits de la réforme imaginée et mise en place de façon durable par Marcel Landowski à la fin des années 60. Tous les instrumentistes sans exception, y compris ceux qui désormais intègrent l’Ensemble Intercontemporain créé par Boulez, sont les fils de Landowski : une jolie revanche en forme de pied de nez posthume ! Son action a consisté, pour parler comme nos économistes contemporains, à créer des « pôles d’excellence » : à Paris, un Opéra totalement rénové confié à Rolf Liebermann et la création d’un Orchestre de Paris entièrement subventionné par l’Etat et la Ville de Paris. Mais cette même politique d’excellence fut décentralisée dans tout le pays avec Alain Lombard à Strasbourg, Michel Plasson à Toulouse, Serge Baudo à Lyon, Pierre Dervaux à Nantes ou Jean-Claude Casadesus à Lille : ce fut une progression continue de la qualité artistique et une explosion de la diffusion de la musique à de nouveaux publics.

Comment ce diable de petit homme, pas plus haut que Mozart, à l’œil bleu à la fois rieur et impérieux, s’y est-il pris pour mettre en œuvre une réforme aussi ambitieuse et si terriblement efficace ? Une fois au pouvoir, c'est-à-dire lorsqu’il eut obtenu de Malraux, son ministre de la Culture, la création d’une Direction de la Musique autonome, qui ne soit pas diluée dans un ensemble trop vaste comprenant théâtre, arts plastiques et autres arts et lettres comme c’était le cas sous la IV è République, il s’entoura de lieutenants aussi dévoués que compétents et aussi enthousiastes que lui. Ceux-ci s’attaquèrent au « désert musical » français, négociant avec les élus locaux la création d’orchestres et d’écoles de musique. C’était encore l’époque des grands commis de l’Etat, comme le préfet Doublet, qui l’aidèrent dans sa politique de création d’orchestres et d’Opéras régionaux.

De tout cet enthousiasme, de tout ce dévouement à la cause musicale, nous récoltons aujourd’hui les fruits comme nous le constatons à chaque déplacement en province. C’est cela qui explique que tous les musiciens de France aient répondu aussi unanimement présents à l’appel de l’Association « Musique nouvelle en liberté », créée en 1991 par Marcel Landowski et qui lui rend hommage durant toute cette saison, de Nîmes à Toulouse, de Lyon à Boulogne, d’Avignon à Nice, de la Savoie à la Picardie, tantôt dans un conservatoire, tantôt dans une mairie, une salle de concert, un opéra ou une église. Juste hommage à un homme qui avait eu la délicatesse d’interdire qu’on joue sa musique durant la durée de son mandat à la Direction de la Musique. Non décidément, « Lando » comme l’appellent ses amis n’était pas un homme ordinaire. Il avait commencé, il est vrai, au cabinet de Mendès France, ce qui est en soi une référence. Il fut le premier Directeur de la Musique « saltimbanque », entendez issu du milieu musical. Il y aura encore après lui le journaliste musicien Maurice Fleuret qu’avait précédé le compositeur Jacques Charpentier ainsi que Marc Bleuse, ancien directeur des Conservatoires de Paris et de Toulouse. Tous les autres sont de hauts fonctionnaires, énarques pour la plupart.

De fait, ces « géomètres » n’ont jamais pardonné à Landowski de les avoir évincés pour prendre la tête de la première Direction de la musique dont ils pensaient qu’elle leur revenait de droit. En trois décennies, ils n’eurent de cesse de reprendre leur bout de gras. Ils ne devaient pas être très forts, car ils ne sont pas parvenus à annuler les effets de la réforme Landowski. Ca n’est pas faute de s’y être employés avec un acharnement certain. Le dernier en date fit longtemps figure de « pape de la culture » au sein de l’énarchie. M. Jacques Rigaud, ancien directeur du cabinet de Jacques Duhamel, ex-PDG de Radio-Luxembourg, rédigea ainsi pour un gouvernement de gauche un rapport qui porte son nom appliqué par un ministère de droite, visant à fusionner les Directions du Théâtre et de la Musique en une seule entité.

C’était donner le coup de grâce à la réforme de Marcel Landowski qui avait obtenu de haute lutte l’indépendance financière de la Direction de la Musique et de la Danse. Ce fut l’inspecteur général des Finances Dominique Wallon qui réalisa cette fusion alors que Marcel Landowski était Chancelier de l’Institut et que sa propre fille Anne Chiffert démissionnait de son poste de Directeur de la Musique et de la Danse… Il n’est pas exagéré de penser qu’il mourut de chagrin quelques mois plus tard.

N’allez pas imaginer que la reprise en main par les « géomètres » soit terminée pour autant ! Car la crise actuelle ouvre un boulevard à leur obsession d’effacer complètement l’action de Marcel Landowski. L’actuel Directeur du Théâtre, de la Musique, de la Danse et du spectacle vivant, Georges François Hirsch, qui s’apprête d’ailleurs à quitter son poste en fin d’année atteint par la limite d’âge, n’aura ainsi pas de successeur puisque l’Etat a décidé de noyer la culture vivante dans une vaste marmite baptisée Direction de la création…mêlant théâtre, musique, danse, cirque, architecture ou arts plastiques. Plus ça change, plus c’est la même chose. Décidément bientôt l’exception française ne sera plus qu’un souvenir !

Jacques Doucelin

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Photo : DR


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