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119 euros en 1e cat.
(au lieu de 157 euros)
Opéra Bastille

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Prokofiev et Chostakovitch
de 12 à 17,50 euros
Salle Pleyel

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Rameau : Dardanus
Ens. Pygmalion

44 euros en 1e cat.
(au lieu de 85 euros)
Opéra royal de Versailles

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Didone Abandonnata
Hofkapelle Munchen

38 euros en 1e cat.
(au lieu de 75 euros)
Opéra royal de Versailles

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Opéra :
Don Pasquale
de Donizetti

de 63,50 à 125 euros
Th. des Champs-Elysées

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Vivaldi par l'Ensemble Baroque de Limoges
19 euros
(au lieu de 25 euros)
Th. des Champs-Elysées

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Festival Quatuors
à Saint-Roch

17,50 euros
(au lieu de 20 euros)
Eglise Saint-Roch

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Karita Mattila
(soprano)
Airs de Strauss, Brahms, Debussy...

33 euros en 1e cat.
(au lieu de 64 euros)
Salle Pleyel



Wiener Philharmonic
Th. des Champs-Elysées

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Rigoletto de Verdi
Opéra Bastille

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Didon et Enée
Les Arts Florissants
Opéra Comique




Chorégies d'Orange
2012


La Bayadère
(ballet)

Opéra Bastille


Philippe Jaroussky
Th. des Champs-Elysées


Barbier de Séville
de Rossini

Opéra Bastille


Angela Gheorghiu
(soprano)

Salle Pleyel




Rédacteur en chef : Alain Cochard
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12 Mai 2006 - La Chronique de Jacques Doucelin

Impressions debussystes


Des livres ont permis cette année aux esprits cultivés, ou simplement curieux, d’approcher au plus près le mystère Debussy : deux ouvrages majeurs pour avancer dans la connaissance de Claude de France sont, en effet, parus en 2006 : sa Correspondance, enfin complète, chez Gallimard et un livre d’art qui tisse un contrepoint subtil entre les univers sonore et pictural, Harmonie en bleu et or de Jean-Michel Nectoux chez Fayard. C’est justice si l’on songe qu’à l’instar d’un Hector Berlioz, Claude Achille Debussy taquina avec bonheur la muse littéraire. Si le premier livre permet d’apprécier sa vigueur de plume, le second est de surcroît un bel objet qui donne au lecteur une idée précise de l’environnement artistique où évolua le compositeur au tournant du siècle. Il propose une variation somptueusement illustrée sur Debussy, la musique et les arts.

Car comment comprendre les irisations magiques de la houle dans La Mer sans le choc des ciels éclaboussés de soleil de Turner, les sous-bois glauques et les souterrains moites de Pelléas et Mélisande sans les peintres préraphaélites et les poètes symbolistes, l’étrangeté des Nocturnes sans les brumes bleutées de Whistler ? Pour ne pas parler de sa chère Damoiselle élue, petite sœur blême des naïades alanguies peintes par Maurice Denis dans ses fresques du Théâtre des Champs-Elysées.

S’il n’est pas question d’expliquer un tel génie musical, il est passionnant de suivre son éclosion au contact des autres arts dont il se montra à l’évidence si curieux. Ne se déclarait-il pas lui-même autant intéressé par les images que par les sons ? C’est que chez Debussy, la vue et l’ouïe vont de pair. Son regard noir et prédateur transperce tous ses portraits évoquant plus l’ogre Picasso, avide du spectacle du monde dont il ne fait qu’une bouchée, que l’œil doux et placide, presque contemplatif, d’un Mozart ou d’un Schubert. Jean-Michel Nectoux nous sert de guide à travers ce musée, non pas imaginaire, mais comme le contrepoint obligé entre le mouvement des arts et des idées, et l’évolution de l’inspiration du compositeur. Comme il sait tout sur l’homme et sur le musicien, il peut se laisser porter par un instinct très sûr entre les événements authentiques et les modes passagères pour mieux traquer l’alchimie de leurs cheminements secrets dans la sensibilité de Debussy. Ce faisant, l’ombre mystique d’Odilon Redon dialogue avec Vuillard et Maurice Denis, ainsi qu’avec l’art naissant de la photographie familiale dans l’évocation de la longue période de gestation de Pelléas.

L’Ecole française d’Athènes au sommet de sa gloire sensibilise le Tout Paris à l’oracle de Delphes et à ses danseuses : Debussy utilisera cet antique pour ouvrir le premier cahier de ses Préludes avec les Danseuses de Delphes. De même, ses Arabesques sont en harmonie avec celles de l’Art Nouveau naissant, ses Poissons d’or sortent du vivier des laques japonaises qu’il appréciait autant que le thé qui le mena jusqu’à la Chine. A l’exposition universelle de 1889, il a la révélation du gamelan javanais dont les percussions le fascinent au point qu’il introduit de nouveaux instruments dans son orchestre, du tam-tam au xylophone : le génie se nourrit, mais ne copie rien.

Voici un autre livre susceptible de nourrir le cœur et l’imagination de son lecteur. C’est celui consacré par la Bibliothèque Nationale et les éditions Textuel au monument vénérable que constitue le manuscrit du Don Giovanni de Mozart. On sait que grâce à la cantatrice Pauline Viardot, sœur de la Malibran, ces feuillets de la main de Mozart ont atterri d’abord à la bibliothèque du Conservatoire de Paris avant d’être récupérés au XX è siècle par le département musical de la BN. Fines mouches, Gilles Cantagrel, Catherine Massip et Emmanuel Reibel ont refusé de faire œuvre de musicologie pure en se contentant de proposer le fac-simile intégral du précieux manuscrit. Avec générosité, ils ont préféré n’en livrer que des extraits en permettant à tous d’en déguster le suc grâce à des commentaires pertinents qui constituent la meilleure des introductions à la découverte du chef-d’œuvre au théâtre comme au disque. Oui, il s’agit bien d’une vulgarisation, au meilleur sens du terme, de celles qui rendent le lecteur intelligent, car elles savent le prendre par la main (mais pas pour un imbécile !) afin de l’aider à pénétrer au cœur de la création.

D’ailleurs, ces extraits commentés de mains de maîtres suffisent amplement pour suivre le tourbillon affolant qui a entouré la composition de l’opéra des opéras : dès l’ouverture – en fait composée au dernier moment en rassemblant tous les thèmes et les fils d’une action parfois embrouillée – la main de Mozart trahit sa hâte, ou plutôt sa hargne à écrire sa musique. Comme d’habitude, sa tête si lucide va plus vite que ses doigts ! Mais sa plume danse et cette danse exprime une indicible ivresse tout à l’inverse des manuscrits d’un Jean-Sébastien Bach, qui sont le miroir de la sérénité et de la sagesse.

Comme le suggère fort à propos Catherine Massip, Don Juan ne serait-il pas le double de Mozart ? Un peu comme Mme Bovary était Flaubert. Jamais, vous ne risquez de vous perdre dans la contemplation du génie en train d’accoucher en admirant ces pages manuscrites, car un commentaire vient chaque fois stimuler et orienter votre réflexion : un dialogue muet mais fécond s’instaure avec le lecteur. Phénomène suffisamment rare dans le monde de l’édition pour qu’on ait plaisir à le souligner.

Jacques Doucelin

Lire les précédentes Chroniques de Jacques Doucelin :
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- Opéra de Paris : vers un divorce entre le public et le directeur
- Bravo pour la nouvelle salle ! Reste à former le public
- Le monde lyrique menacé de schizophrénie.
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- Couacs dans l’année Mozart !
- Enfin un auditorium à Paris !

Photo : DR

      LES UNES DE MAI 2006   
 

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