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Marie-Claire Alain, dont le nom figure au panthéon des grands organistes, donnait vendredi dernier un récital au festival Bach de St Donnat. Ecoutons là nous parler de l’œuvre pour orgue de ce compositeur qu’elle joue depuis qu’elle a posé ses mains sur un clavier.
Depuis si longtemps que vous jouez Bach, avez-vous encore besoin de le travailler ?
Il y a sans cesse des éléments d’interprétation à trouver chez Bach. Il faut se remettre en question, ne serait-ce que pour passer d’une mesure à l’autre, d’un passage à l’autre. Il y a une richesse et des subtilités que l’on ne décèle pas forcément avec précision. Ce dont je me suis aperçu en reprenant l’Art de la Fugue, récemment au Japon. J’essaie toujours d’aller vers le mieux, de trouver le jeu le plus juste.
Lorsque vous donnez un récital, quel est l’effort qui vous coûte le plus ?
C’est l’orgue qui demande du travail, ce n’est pas Bach ! Pour préparer le récital de ce soir, il m’a fallu huit heures ! Chaque orgue est spécifique et exige que l’on y adapte son jeu, sa sonorité, sa technique... Il y a un équilibre à trouver. Et pour chaque concert que je donne, je suis obligée de retravailler chaque oeuvre selon l’instrument que j’ai.
Au fil du temps, avez-vous l’impression d’appréhender Bach autrement ?
J’ai peut être un jeu plus détendu. J’ai plus de liberté. Je joue sa musique comme je l’entends au plus profond de moi et de façon à me faire plaisir. Je tiens à mettre en valeur un certain sens de l’émotion. A tort, beaucoup la conçoivent comme une musique rigide et mathématique. Or il est vital de ne pas se laisser prendre à la dialectique et contrer l’émotion.
Pauline Garaude
Photo : Stephane Ouzounoff
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