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L'une des dernières œuvres du compositeur munichois, Richard Strauss est à l'affiche de l'Opéra Comique. Ouvre clé, ultime chef-d'ouvre à la tonalité crépusculaire et visionnaire qui vient clore le message de son poème symphonique, "Mort et Transfiguration", "Les Métamorphoses" recèlent les derniers traits fulgurants d'un génie musical, marqué par l'expérience de la guerre et de la barbarie.
Loin de "Elektra" ou de "Salomé", ses opéras nettement explicites, Strauss concentre son écriture dans un regard intérieur où se profile une résignation philosophique face à la cruauté de la violence, face au meurtre de la civilisation. Si l'on s'en tient à la date de leur composition, 1945, ces "Métamorphoses" accompagnent et recueillent l'expérience des années de guerre. Elles dessinent aussi, sur le plan musical, une série de transformations harmoniques particulièrement savantes à partir d'un thème beethovénien, inscrit dans le premier mouvement de la Symphonie Héroïque. Strauss, octogénaire, y précise sa propre vision de la mort et l'image de l'éternelle Autriche définitivement meurtrie par l'horreur de la destruction. Douleur, émotion : tout semble conspirer contre la vie, pourtant la teinte finale est bien celle d'une indéfectible espérance : tels sont les messages de la partition, l'une des plus déchirantes jamais écrites pour orchestre. Ici, une formation serrée presque intimiste : cinq quatuors à cordes et trois contrebasses.
Pour le concert parisien, à l'Opéra Comique, plusieurs solistes de l'Orchestre national de France donneront toute leur mesure dans cette œuvre transcendante qui porte grâce à la sensibilité géniale d'un immense auteur, tour à tour, la vie, la mort et la résurrection de la condition humaine.
Opéra comique, le 7 juin 2002.
Alexandre Pham
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