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La vénérable abbaye de l’Epau, située dans la Sarthe, à proximité du Mans, et datant, dans ses parties les plus anciennes, du onzième siècle, offre son cadre prestigieux depuis plusieurs années à de nombreux concerts de musique classique, dont une partie a lieu durant l’année. C’est néanmoins durant la deuxième quinzaine du mois de mai que se produit l’événement le plus important puisque l’abbaye reçoit le festival auquel elle a donné son nom. Ce festival annuel essaime aussi dans diverses salles de la région du Mans.
Suivant une politique qui connaît de nos jours un grand succès partout en France (que l’on pense par exemple aux festivals de Montpellier ou de la Roque d’Anthéron), le Festival de l’Epau propose donc au public sarthois d’écouter des concerts interprétés par des musiciens ou des ensembles renommés, tels Alexandre Tharaud (photo ci-dessus) ou le Quatuor Debussy, dans des lieux différents des salles traditionnelles, et de permettre de cette manière le développement et la publicité de la musique classique dans les Pays de Loire : ainsi, après les Folles Journées de Nantes, le Festival de l’Epau tend à devenir l’un des grands rendez-vous de la fin de la saison dans l’Ouest de la France. L’objectif des organisateurs est d’attirer de « nouveaux publics » qui ne se rendent pas habituellement au concert, et ce but semble sur le point d’être atteint.
Les artistes invités cette saison prouvent en effet, s’il en est encore besoin, que le festival gagne de plus en plus d’importance et de reconnaissance : autour de programmes essentiellement classique et romantique (Mozart, Haydn, Beethoven, Brahms, Borodine), les mélomanes de la région du Mans pourront entendre, entre autres, les quatuors Sine Nomine et Ysaÿe, le Sinfonia Varsovia sous la direction de Jean-Jacques Kantorow (photo ci-dessu) et les pianistes Jean-François Heisser (photo ci-dessous) et Marie Josèphe Jude, qui donneront plusieurs concerts consacrés à Beethoven et à Brahms.
A signaler, ce qui assurément constituera un des sommets du festival, un récital Mozart d’El Bacha le 23 mai, qui sera l’occasion d’écouter ce très grand pianiste contemporain, dont le jeu pudique, tout en retenue et en subtilité, ne cédant jamais au spectaculaire et au démonstratif, fera sans doute merveille dans les sonates de Mozart.
Festival de l’Epau, du 14 au 29 mai.
Christophe Corbier
Photos : DR
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