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Maurizio Pollini nous a prouvé ces dernières années quel programmateur de concerts il sait être. Après avoir conçu à deux reprises un progetto pour le Festival de Salzbourg et organisé ses « perspectives » (vingt-sept concerts en deux saisons) au Carnegie Hall de New York, le pianiste italien s’est prêté à ce jeu en imaginant quatre concerts pour la Cité de la Musique. S’articulant autour de l’exposition l’Invention du sentiment, la programmation de Pollini se concentre sur les grandes figures du Romantisme que sont Schubert, Schumann, Chopin et Beethoven. Or ceux qui connaissent l’étendue du répertoire du pianiste pouvaient se douter que le milanais n’allait pas se cantonner à ce répertoire de prédilection pour embrasser un champ musical plus vaste. Déjà à Salzbourg et à New York, le musicien avait eu l’heureuse initiative de convoquer côte à côte Gesualdo, Nono, Schönberg, Webern, Sciarrino, Beethoven, Brahms, d’accompagner des madrigaux de Monteverdi au clavecin tout en passant des commandes à Donatoni ou Berio. Bref, de quoi satisfaire son insatiable curiosité qui fait de lui un pianiste accompli, hors normes, aussi à l’aise dans un prélude de Chopin qu’un Klavierstück de Stockhausen.
Les deux premiers concerts du mois d’avril ont permis aux auditeurs de passer de Schubert à Ferneyhough et de Nono à Schumann. Le concert du 16 avril, alléchant à souhait, oppose Beethoven et Berg (les pièces pour clarinette et piano avec Damiens !) en passant par Schönberg, Webern, Kurtag et Chopin, le tout avec la complicité du quatuor à cordes de l’Ensemble Intercontemporain. Suite et fin le mardi 25 juin. Au programme : Brahms, Webern, Stockhausen et Beethoven. Qui dit mieux ?
Erik Verhagen
Cité de la musique
Photos : DGG
/ Cité de la musique
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