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Composé sept ans avant la version orchestrale (en 1893/1895), « Pelleas et Melisande pour piano » s’adresse aux inconditionnels de cette œuvre charnière de l’histoire de l’art lyrique. Créé en réaction contre l’opéra italien et l’esthétique wagnérienne à la mode à l’époque, « Pelléas et Mélisande » prend le contrepied de ces deux courants. Debussy retourne à une expression simple et dépouillée à l’extrême où aucun effet n’est de mise. Dans cet opéra, le chant bouleverse la perception musicale car les interprètes récitent le texte, plus qu’ils ne le chantent. L’œuvre de Debussy est une révolution musicale qui augure de nouvelles chemins poétiques. L’histoire et le texte de Maeterlinck, l’atmosphère générale de cette œuvre diffuse un parfum de mystère évanescent ; le charme agit irrémédiament.
On connaît bien la version pour orchestre, mais celle pour piano ? En la réécoutant attentivement, un retour aux sources s’opère, retour à l’expression la plus « originelle » de cette œuvre. Un peu difficile d’accès au premier abord, la patience est vite récompensée car l’œuvre, sous cette forme, atteind un stade ultime de perfection formelle. Après avoir donné cette œuvre en 2000 (photo ci-dessus), le Théâtre impérial de Compiègne récidive (centenaire de la création de la version orchestre oblige) avec des interprètes dont la diction et la connaissance de ce répertoire est bien rodée. Pascal Le Corre sera au piano, Pierre Jourdan mettra ses talents reconnus au service de la mise en scène. Le trio pivot sera composé par Dominique Ploteau (Pelléas), Cécile Besnard (Mélisande) et Philippe Le Chevalier (Golaud). Théâtre impérial de Compiègne, le 21 avril 2002.
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