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Difficile d’écouter les « Variations Goldberg » après le passage de la tornade Glenn Gould. Passé un certain laps de temps (en semaines, mois ou années ?), il faut écouter d’autres interprètes, d’autant que de talentueux pianistes jouent cette œuvre magistrale avec brio, d’autant que la seule façon de vivre la musique est de la réécouter sans cesse selon des angles différents. Concours de circonstances, deux pianistes russes l’interpréteront entre le 10 et le 25 avril à Paris et Lyon. La trentaine passée, Boris Berezovsky (photo ci-contre) a déjà une carrière solidement ancrée derrière lui. Son répertoire de prédilection est celui de son pays, dans lequel il s’est imposé, notamment avec Vadim Repin, dans des œuvres de Stravinsky, Rachmaninov et Moussorgski mais aussi avec Chopin et Schumann. L’incursion en territoire baroque via les « Variations Goldberg » est donc une première pour lui. Sa maîtrise technique associée à une grande intelligence musicale sont les atouts dont il dispose pour se déjouer des épineuses difficultés de ce monument. Le 10 à Paris.
Quinze jours plus tard, nous retrouverons Evgeni Koroliov (photo ci-dessus) à Lyon. Beaucoup plus familier de l’univers de Bach, ces « Variations » n’ont plus de secret pour lui. Gravé au disque et joué en concert très souvent, Koroliov s’avère être aujourd’hui l’un des meilleurs défenseurs de cette œuvre. C’est avec une grande finesse et liberté qu’il les aborde. Son premier prix Bach de Leipzig en 1969 laissait augurer une carrière exemplaire au service de ce compositeur. Son interprétation de « L’Art de la fugue » est aussi un sommet discographie ; György Ligeti choisirait ce disque s’il devait partir sur une île déserte ! La figure discrète d’Evgeni Koroliov doit donc être rappelée au grand public. Il y a une suite après Gould, et quelle suite !
Boris Berezovsky, le 10 à l’Auditorium du Louvre
Evgeni Koroliov, le 25 à l’Opéra national de Lyon dans le cadre du cycle des « Grands Interprètes ».
Photo : D.R.
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