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Le tempérament de Yefim Bronfman, né en Ouzbékistan, lui donne souvent l’occasion de jouer sous la baguette de grands chefs d’orchestre : Zubin Mehta, Lorin Maazel, Charles Dutoit ou Léonard Bernstein ont pu apprécier son incroyable présence au piano. Des collaborations régulières avec Isaac Stern et Shlomo Mintz lui ont permis aussi d’enregistrer de nombreux disques. Mais là où Yefim Bronfman excelle, c’est lorsqu’il quitte ses pairs pour se retrouver seul ; seul au piano.
Dans ces moments là, le public tend également à disparaître, Yefim Bronfman ne faisant plus qu’un avec son instrument. La suite est stupéfiante, notamment dans son répertoire de prédilection, la musique russe : Yefim Bronfman, telle une bête au combat, affronte l’œuvre avec tout son corps, son souffle témoignant de cette lutte. Ces mains sont celles d’un sculpteur en train de malaxer la terre avant de la travailler. Prokofiev et Chostakovitch ont trouvé là, un interprète de haut niveau.
Le public de la Roque d’Antheron le 9 août 2001, la salle Pleyel le 21 mars dernier se souviennent de sa prestation avec émotion. Ce mercredi 3 avril, il s’installera à l’Auditorium du Louvre avec un petit programme de musique russe (la sonate n°7 de Prokoviev) qui sera accompagné par le « Carnaval de Vienne op. 26 » de Schumann, de la « Sonate n°5 » de Brahms et « Dichotomie » de Salonen.
Auditorium du Louvre le 3 avril.
Photo : Alvaro Yanez
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