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Après la version de Rouen vue par l’œil du bouddhisme, revoici une version plus canonique du « Chant de la terre » de Gustav Mahler, sans mise en scène. Cette œuvre reflète de manière émouvante une période tragique de la vie du compositeur. Elle est composée en 1908 à une époque où plusieurs tragédies ont lieu pour Gustav Mahler ; l’année 1907 voit se succéder la mort de sa fille aînée, son départ de l’Autriche pour les Etats-Unis, après dix ans d’un travail remarquable à l’Opéra de Vienne, poussé par les attaques antisémites. Enfin, au même moment, une grave maladie au cœur l’oblige à ralentir le rythme de ces activités. Mahler compose alors une longue plainte existentiel, véritable testament spirituel et chef d’œuvre de la littérature symphonique.
L’œuvre est divisée en six parties ; chacune exprime une part de sa nostalgie au seuil de sa vie ; « Chansons à boire de la douleur de la Terre », « Le Solitaire en automne », « De la jeunesse », « De la beauté » et « L’ivrogne au printemps ». Pour conclure, Mahler écrit le passage le plus long, qui dure à lui seul autant que les cinq autres, intitulé « L’Adieu ». Cette dernière partie est la plus bouleversante et exprime la vision métaphysique de cet être qui a toujours cherché à spiritualiser la musique.
Trois musiciens auront la lourde tâche d’interpréter cette œuvre. Outre le chef d’orchestre Ivan Fischer (ci-dessus) (fondateur de la Hungarian Mahler Society), le ténor présent dans la première partie sera Howard Haskin et la soprano, sur les épaules de qui repose la seconde partie sera Daniela Denschlag (ci-contre). En résidence à l’Opéra de Lyon pour 2001-2002, sa jeunesse ne l’empêche pas d’avoir déjà tenu des rôles de premier plan, dans des opéras de Wagner ou de Strauss, notamment à Mannheim. Souhaitons-lui que la figure de Kathleen Ferrier, une des plus belles incarnations de ce rôle, veille sur elle à cette occasion. Opéra de Lyon, le 28 février.
Christophe Cornubert
Photo : D.R.
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