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Jordi Savall (photo) poursuit son travail de redécouverte du patrimoine musicale ibérique. Après plusieurs disques et de nombreux concerts, celui du 22 février à Lyon nous propulsera au temps de l’âge d’or espagnol, le XVIIe siècle, ainsi que sur les terres méridionales de l’Amérique. La première partie proposera une succession de pièces qui ont fait les succès discographiques de Jordi Savall. Outre des œuvres de Cabanilles, le plus grand organiste de son siècle, telles que « Barralla Imperial » et « Corrente Italiana » caractérisées par une langueur raffinée et une grande maîtrise instrumentale, « No piense menguilla ya » de Marin illustre bien les influences de la tradition mauresque. L’œuvre de ces compositeurs est une magnifique synthèse du riche patrimoine espagnol des deux siècles précédents. De plus, celle de Cabanilles s’inscrit parfaitement dans l’arbre généalogique des compositeurs baroques européens ; les voyages qu’il a réalisés en France et en Italie lui ont permis d’imposer sa musique de manière naturelle.
Les curiosités sud-américaines qui seront jouées avec ces classiques du répertoire, par l’ensemble vocal la Capella reial de Catalunya et orchestral, Hesperion XXI, seront inédites pour le public français. Il est vrai que cette musique baroque commence juste à être redécouverte et que l’héritage semble être important. Comme d’autres personnalités de la musique de cette époque (Gabriel Garrido, par exemple), Jordi Savall s’aventure sur ce nouveau territoire et révèlera au public des trésors cachés. Pour l’Auditorium de Lyon qui l’accueille pour la première fois le 22 février, cela sera donc un double événement.
Christophe Cornubert
Photo : Jaydie Putterman et Toni Catany
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