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La série des quatre représentations des opéras bouffes de Germaine Tailleferre dans la région de Douai, permettra une double rédecouverte ; des œuvres d’une compositrice méconnue et un genre remis au goût du jour, l’opérette, sous la forme d’opéras en un acte. Depuis quelques temps, le genre de l’opérette revient sur le devant des scènes par la grande porte ; les plus grands chefs d’orchestre l’intègrent dorénavant à leur répertoire, les meilleures salles de musique lui font une place et les succès à répétition des spectacles du nouvel Opéra Comique de Paris en sont la meilleure preuve. Longtemps représentée par le seul Offenbach, cette musique légère et gaie est tout simplement une des composantes de la musique française depuis ses origines, de la musique de la Renaissance à la musique baroque (il suffit de voir la reprise de « Platée » de Rameau à l’Opéra Garnier en ce moment), jusqu’à Satie.
Ce dernier fut d’ailleurs le « parrain » du Groupe des six, mouvement de compositeurs français des années 20 dont fit partie Germaine Tailleferre, unique femme, avec G. Auric, D. Milhaud, A. Honegger, L. Durey, F. Poulenc. L’histoire retiendra de ce mouvement le retour à une musique plus proche du quotidien, au ton allègre et caractérisé par une naïve insouciance. Jean Cocteau, avec qui Germaine Tailleferre collabora pour la création des « Mariés de la tour Eiffel », en fut le théoricien. A la suite de cette association (1921), elle travailla de nombreuses fois pour des spectacles d’opéra comique ; jusqu’en 1959, elle pris un grand plaisir à composer la musique pour des œuvres d’Ionesco, pour les Ballets Suédois, pour des films ou de la musique radiophoniques. Les quatre opéras bouffes que l’on entendra ce soir sont de cette veine. « Monsieur Petit Pois achète un château », « Le Bel ambitieux », « La Pauvre Eugénie » et « La Fille d’Opéra » datent tous de 1955 et sont des pastiches de Rameau, Rossini, Charpentier et Offenbach : le comique dans tous ses états ! Orchestre de Douai et Isabelle Debaere dans le permier rôle.
Théâtre de Douai, les 22 et 24 février.
Christophe Cornubert
Photos : D.R.
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