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L’Orchestre du Capitole de Toulouse donnera deux concerts consécutifs de musique américaine. Le premier, le 3 février, sera consacré à une œuvre du compositeur d’origine italienne Gian Carlo Menotti qui a fait toute sa carrière sur le sol américain, au contact de la musique de ce pays. Arrivant frais émoulu du conservatoire de Milan en 1928, il reste aux Etats-Unis jusqu’en 1974. Les nombreux opéras qu’il écrit obtiennent un franc succès lorsqu’ils sont adaptés au théâtre de Broadway. Menotti a aussi des commandes de la télévision américaine dont l’œuvre qui nous intéresse ce soir : « Amahl et le visiteurs de la nuit ». Ce classique des programmes de Noël des chaînes outre-Atlantique dépeint particulièrement bien l’atmosphère de l’enfance, puisque Menotti a puisé dans ses propres souvenirs pour construire sa musique. Il s’agit d’une opérette moderne, qui se situe entre la comédie musicale et les opérettes du XIXe siècle. A signaler, la présence de la mezzo-soprano Isabelle Cals, experte du répertoire français et pour qui les excursions dans celui de l’opérette sont fréquentes.
Le second concert réunit une œuvre de John Adams et de Leonard Bernstein, deux purs produits de la culture américaine. Les références à la musique répétitive (Reich, Riley) sont évidentes dans la musique de John Adams, même si celle-ci cherche à se frayer son propre chemin. Baigné dans une histoire de la musique qu’il ne renie pas, John Adams aspire à une liberté absolue ainsi qu’à une identité sans référence précise, quasi primitive. « Century Rolls » fait partie de cette esthétique puisqu’il juxtapose des mouvements intenses et grandiloquents avec des mouvements lents et fluides. Ce concert a été créé par le pianiste Emanuel Ax en 1997. Il viendra en personne à Toulouse pour l’exécuter. Ce pianiste, dont la carrière est internationale, est l’un des pianistes attitrés des concerts de Bernard Haitink ; sa présence le 7 février à Toulouse permettra donc d’apprécier cette œuvre sous son meilleur aspect.
La seconde partie du concert du 7 février est certainement l’une des pages les plus engagées de Bernstein. La Symphonie n°3 « Kaddish » est un dialogue métaphysique sur l’existence de Dieu. L’orchestre est accompagné par un récitant qui commence en questionnant Dieu sur les conflits terrestres. Son impuissance et son mutisme provoquent l’homme qui réagit de manière agressive, quasi blasphématoire ; la musique se déchaîne en une véritable tempête. Puis la situation s’inverse. L’homme éprouve de la compassion pour ce Dieu qui est « fait à l’image » de l’homme. Finalement, l’homme enjoint Dieu à croire en lui et se réconcilie. Le dialogue musical est tout en relief, véritable testament spirituel de Bernstein empreint de violence et d’espérance en même temps. Ces deux concerts nous permettront de nous immerger dans la musique d’outre-Atlantique grâce au talent de l’Orchestre national du Capitole sous la baguette passionnée de Michel Plasson, le doyen des grands chefs d’orchestre français.
Halles aux grains de Toulouse les 3 et 7 février 2002.
Photo : Jean-Claude Meauxsoone
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