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119 euros en 1e cat.
(au lieu de 157 euros)
Opéra Bastille

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Prokofiev et Chostakovitch
de 12 à 17,50 euros
Salle Pleyel

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Rameau : Dardanus
Ens. Pygmalion

44 euros en 1e cat.
(au lieu de 85 euros)
Opéra royal de Versailles

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Didone Abandonnata
Hofkapelle Munchen

38 euros en 1e cat.
(au lieu de 75 euros)
Opéra royal de Versailles

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Opéra :
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de Donizetti

de 63,50 à 125 euros
Th. des Champs-Elysées

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Vivaldi par l'Ensemble Baroque de Limoges
19 euros
(au lieu de 25 euros)
Th. des Champs-Elysées

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Festival Quatuors
à Saint-Roch

17,50 euros
(au lieu de 20 euros)
Eglise Saint-Roch

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Karita Mattila
(soprano)
Airs de Strauss, Brahms, Debussy...

33 euros en 1e cat.
(au lieu de 64 euros)
Salle Pleyel



Wiener Philharmonic
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Rigoletto de Verdi
Opéra Bastille

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Didon et Enée
Les Arts Florissants
Opéra Comique




Chorégies d'Orange
2012


La Bayadère
(ballet)

Opéra Bastille


Philippe Jaroussky
Th. des Champs-Elysées


Barbier de Séville
de Rossini

Opéra Bastille


Angela Gheorghiu
(soprano)

Salle Pleyel




Rédacteur en chef : Alain Cochard
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31 Octobre 2008 - Nice - Compte-rendu : un Macbeth éblouissant de « darkness » !



Paul-Emile Fourny, le Directeur général de l’Opéra de Nice l’avait fièrement annoncé : l’ouverture de la saison 2008/2009 avec le Macbeth de Verdi « sera résolument orientée vers la modernité ». Parole tenue avec cette nouvelle production du mélodrame en 4 actes de Verdi tiré d’un des plus sombres écrits shakespeariens.

On pouvait certes craindre le pire dès l’ouverture lorsque, adapté aux mouvements précis de la baguette de Marco Guidarini, un film projetait sur un écran des escadrilles d’avions de chasse et des explosions au sol qui semblaient rythmées par ce dialogue entre cordes et cuivres ponctué par le fracas des percussions. Sitôt évacuées les frayeurs de ce qui pouvait ressembler à une vulgaire bande-annonce, les nuages s’éclaircissent, littéralement, pour nous permettre d’atterrir dans les ruines d’un pays dévasté par la guerre. Sorcières habillées en fille de joie, militaires en uniformes armés jusqu’aux dents et qui dégainent plus vite que leur ombre, l’atmosphère étouffante d’une tyrannie sanglante s’impose dès le premier tableau. Le tout sur fond d’un palais à l’inquiétante architecture mussolinienne, inspiré, explique Marcelo Lombardero, le metteur en scène argentin, par une « façade de l’Université de Buenos Aires ». Bref, une réunion d’ingrédients qui frise le « déjà vu » sauf qu’entre les mains d’une équipe essentiellement composée de sud-américains dont « toutes les familles, selon le metteur en scène, ont été les victimes de l’exil sous les dictatures », ils emportent aisément la conviction. Question de vécu.

Diplômé de l’Université de Salvador, Diego Siliano signe d’impressionnants effets visuels : une toile de tulle placée à l’avant-scène et sur laquelle s’étayent à petite dose et de manière circonstanciée images et films, procure une étrange sensation de relief qui fait immanquablement songer aux « souvenirs-écrans » évoqués par Sigmund Freud. Les costumes, implacables de froide sobriété, sont dessinés par Luciana Gutman, également native de Buenos Aires. On l’aura compris : sans renier sa dimension poétique, ce Macbeth devient un pur message politique aussi universalisant que l’absolutisme d’un Krzysztof Warlikowski. Marcelo Lombardero développe ici une vision terriblement sombre et pessimiste de l’humanité. Son travail souhaite décrire « l’homme associé à la violence et assoiffé de pouvoir », pas seulement au temps de Shakespeare mais « également pour l’avenir ». Seul moment qui semble échapper à ce déluge paroxystique de noirceur : la mort lumineuse, christique, du roi Duncan, corps sanguinolent et dénudé reposant dans un linceul immaculé.

Mis à rude épreuve dans cette partition entre l’appel lancé à l’enfer « d’ouvrir sa gueule et d’engloutir toute la création » et les souffrances d’un peuple qui, derrière des barbelés, se lamente sur la « patria oppressa », les Chœurs de l’opéra de Nice, au mieux de leur forme, ont su donner toute la mesure du terrible désespoir humain qui imprègne l’ensemble du drame. On saluera également la distribution homogène et cohérente des voix masculines. En premier lieu, celle du baryton Alexandru Agache dans le rôle de Macbeth et dont le timbre, aux poignantes modulations renforcées par un magnifique jeu d’acteur, s’est trouvé en parfaite adéquation avec les émotions d’un être, d’abord assailli par le doute, puis ravagé par le remords. Plus sourde encore, celle de Giorgio Giuseppini dans son bouleversant « Come dal ciel » qui signe l’adieu de Banco à son fils. Luca Lombardo campe pour sa part un excellent Macduff tiraillé entre l’effondrement et la révolte, et qui sera finalement l’instrument de la vengeance. La déception vient plutôt d’Elena Zelenskaya dont les qualités techniques vocales - malgré quelques aigus par trop métalliques - peinent à compenser l’absence des nécessaires « déclamations sourdes et voilées » réclamées par Verdi afin d’accentuer le « quelque chose de diabolique dans la voix de Lady ». Impression malheureusement renforcée par son complet statisme scénique.

Des applaudissements nourris ont largement couvert quelques huées à l’issue de la représentation. D’un âge respectable, quelques élégantes de la bonne société niçoise juraient, chacune ses grands dieux, qu’elles n’y étaient strictement pour rien. L’une d’entre elle osait même cette réflexion digne d’Héraclite : après cette production, elle ne « regardera plus jamais Macbeth comme avant ! ».

Jean-Luc Vannier

Opéra de Nice, Verdi : Macbeth, le 31 octobre. Prochaines représentations les 4 et 6 novembre 2008.

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Photo : DR

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