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Oui, le minutage est chiche (trente-neuf minutes ; Michelangeli jouait son « Empereur » plutôt leste), mais évidemment, dès l’exorde, on est médusé par la sonorité du pianiste, ses couleurs, son art des respirations jusque dans cette sorte d’effervescence qui ne veut jamais aller jusqu’à l’agitation. Tenu, impérieux, impérial, ce piano est simplement inouï, et parfaitement appareillé à l’œuvre.
La direction brillante de Jan Krenz, moderniste, anguleuse, étonne par son ton rageur, la puissance de son geste. On n’avait jamais eu en source sonore cette archive de la Télévision danoise. L’image, bonne sans plus, est un bonus assez considérable, qui confirme l’imperturbabilité du pianiste italien (ça et là, un sourcil se lève, une moue s’esquisse, qui semble indiquer une difficulté imprévue, vaincue par avance), et épaissit en l’illustrant le mystère d’un art demeuré sans descendance.
Jean-Charles Hoffelé
Ludwig van Beethoven. Concerto n°5 «L’Empereur ». Arturo Benedetti Michelangeli, piano. Orchestre Symphonique National du Danemark, Jan Krenz (1967). VAI 4449 (Distr. Codaex)
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