11 Avril 2008 - Vos réactions : Chronique J. Doucelin – Le siècle de Gavoty
Je me suis retrouvé à Ginette chez les jésuites faisant des maths et tournant le soir le pages des partitions De Bernard Gavoty. Au surplus, il était originaire de Flassans et moi de Vidauban à 10 km, dans notre Provence natale. Avant d'être aux Invalides il venait dans le calme de la Rue des Postes faire des gammes dans notre petite chapelle - Là où avait prié le Père de Foucault et où le Père Riquet disait sa messe lorsqu'il préparait - dans une turne - comme nous pensionnaires, les sermons de Notre Dame.
"Souvenirs ô bucher dont le vent d'or m'affronte" écrit Valéry et l'on songe à cette pensée lue jadis dans St Ex: "Nous éternels nomades dans notre marche vers Dieu." Je ne vais plus à ces Messes insipides et carnavalesques, mais je regarde ce ballet osé mais éblouissant créé à Liepzig sur la KV 427... et j'attend Dimanche - par tradition - pour écouter la version Suzuki de Messe en Si que je viens de m'offrir. J'ai sa Saint Jean qui m'a profondément ému...et après celle de Richter c'était une surprise...
Après une méditation historique et musicale je me suis demandé si l'interprétation japonaise n'était pas plus humaine et moins influencée par ce que la religion à mis de mystique dans l'évènement - Les Piétas, les Décentes de Croix des peintres, les chemins de Croix des petites Eglises de France ou de l'Italie ma voisine. etc... Sous la Bombe d'Hiroshima ils en avaient vu, ces japonais, des Mères comme Marie, des Femmes comme Marie Madeleine ou Ane pleurant la mort d'un Etre cher de 30 ans.
Hélène Grimaud a cette phrase qui donne ou invite à penser:
" La force du poème. Transcender la douleur. Il est là le grand chant du monde."
- Et si vous ne la croyez pas; écoutez Herta Töpper chanter " es ist volbracht " de la Saint Jean de Richter.
Elle a écrit un bien beau livre cette pianiste d'Aix en Provence ! Je la rêve parfois jouant quelqu'invention sur un beau piano dans les parfums de lavande et sous les croisées d'ogives de l'Abbaye de Sénanque.... Mais ici loin de Paris et des Villes nous n'avons plus ce qu'aux temps de mes humanités nous avions aux jeunesse musicales de France. Mais nous avons Arte et surtout Mezzo. (…)