09 Avril 2008 - Vos réactions : Chronique J. Doucelin – Le siècle de Karajan
C'est un bonheur de vous lire Monsieur,
Je ne suis sans doute pas une esthète de la musique comme vous l'êtes mais j'étais très jeune lorsque mon oreille, musicalement assez inculte, fut "accrochée" par ce chef "pas comme les autres" ; quand je le regarde - car il ne faut pas oublier cela, n'est-ce pas ? On regarde le Chef et on écoute la musique! - il reste encore unique pour ce qui me concerne ; on peut toujours parler des interprétations, du ringardisme ou de l'avant-gardisme, il reste qu'un chef qui se fait ainsi musique est rare! Car il est musique, il est la note, l'instant, l'attente de celle qui suit, sa conduite est un parcours au bout duquel, si nous le regardons bien, il souffle... Cette boulimie de son image est peut-être simplement une terrible interrogation : que se passe-t-il quand la musique m'habite et me "squatte", quand je suis autre chose que moi... j'arrête là ; peut-être pensait-il trouver dans l'image de ces moments là une réponse... Je vous dis cela parce que je suis de ces nombreux humains qui aiment la plume et, l'écriture apporte aussi ce genre d'interrogation du type : comment, c'est moi qui ai écrit cela à ce moment là ? Et l'on aimerait peut être retrouver le moment pour commencer à cerner la réponse!... Mais ce n'est qu'un avis très personnel...
Je n'ai peut-être jamais aussi bien ressenti la Messe de Requiem de Verdi que l'autre nuit sur France2, qu'importe si c'est la meilleure ou la moins bonne, l'essentiel c'est ce qu'une interprétation produit et je ne suis bien sûr pas une puriste! Quel bonheur que cette période de retrouvailles!
Merci à vous et à tous ceux par qui le bonheur est si simple!