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Oui, le noir et blanc bave un peu, les surtitres en japonais, incrustés dans la pellicule, saturent l’image, mais voilà, comment résister à Del Monaco capté dans ses très bonnes années et dans le rôle qui a fait sa fortune ? Le geste et la voix arrogants, il est le maure le plus vraisemblable, sinon le mieux chantant, que l’on connaisse, et bien plus que cela encore. Inutile de s’étendre sur les abîmes de perversion détaillés par le Iago de Gobbi, simplement anthologique.
Mais soulignons une fois encore que Gabriella Tucci était tout sauf une rechange de Renata Tebaldi : artiste consommée, et voix d’un legato, d’un timbre nacré à couper le souffle, actrice naturelle surprenante, sa Desdémone angélique et blessée annonce celle, toute aussi méconnue et chichement documentée, d’Ilva Ligabue. Alberto Erede connaît son Otello comme sa poche, la mise en scène n’existe pas, mais chacun sait son personnage sur le bout des doigts et l’incarne avec une force suggestive étonnante.
Jean-Charles Hoffelé
Giuseppe Verdi. Otello
Mario del Monaco, Gabriella Tucci, Tito Gobbi, Anna di Stasio, Gabriele de Julis, Plinio Clabassi, Chœurs divers, Orchestre Symphonique de la NHK, Alberto Erede
Mise en scène : Bruno Nofri (1959). VAI 4425
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