ACCUEIL
 

 CONCERTS
   A Paris (et rp)
   En région
   Salles, opéras
   Festivals
 

 JOURNAL
 

 VIDEOS
   Frédéric Lodéon
   Eté 2008
 

 BONS PLANS !
 

 NEWSLETTER
 

RESERVEZ
VOS PLACES
v

 
  Rigoletto de Verdi / Bastille / 1ère cat.
 
  Cycle Beethoven / Debussy / F.F. Guy / A. Planès / 18,80€ au lieu de 24€
 
  Armide de Lully / William Christie / Les Arts Flo / TCE
 
  Nuits d'été de Berlioz / Karine Deshayes / 26€ au lieu de 30€
 
  Edward aux Mains d'argent / Matthew Bourne, chorégraphe / Châtelet
 
  Montserrat Figueras / Chansons d'amour / Eglise des Billettes / 22,50€
 
  Concert Lully / Capriccio Stavagante / Château de Versailles / 15,50€
 
  MON PANIER
 
 

 DVD

 CD




Les prochains concerts dans votre ville :
Aix-en-Provence
Amiens
Ancy-le-Franc
Angers
Arles
Asnières-sur-Oise
Avignon
Bagnols-sur-Cèze
Bellac
Blois
Bollène
Bordeaux
Boulogne-sur-mer
Bruxelles
Cannes
Caudry
Cergy
Chalette-sur-Loing
Chantilly
Colmar
Compiègne
Conflans-sur-Loing
Corquilleroy
Créhange
Dunkerque
Echternach
Egletons
Epinal
Hazebrouck
Hombourg-Haut
Illkirch
Le Mans
Leers
Les Pennes Mirabeau
Liège
Lignane-Puyricard
Lille
Limoges
Lyon
Maisons-Laffitte
Marseille
Maubeuge
Metz
Montpellier
Mulhouse
Nantes
Narbonne
Nice
Niederbronn
Nieppe
Orléans
Palette
Paris
Péronne
Pont-à-Mousson
Pontoise
Reims
Roche-Guyon
Rosny-sous-Bois
Saint-Etienne
Saint-Junien
Saint-Martin-de-Crau
Saint-Mihiel
Saint-Ouen-l'Aumône
Saint-Quentin
Sarrebourg
Senlis
Septmonts
Strasbourg
St-Sulpice de Favières
Tain l'Hermitage
Toulouse
Tournon
Tours
Trets
Ussel
Versailles
Vichy
Vimory
Yvré l'Evèque

Rédacteur en chef : Alain Cochard
Recherchez dans tous les articles depuis 2000 >>   

     

     

04 Mars 2008 - Paris - Compte-rendu : Messe, sortilèges, rédemption – Parsifal à la Bastille



Krzysztof Warlikowski est un rêveur. Il ouvre son Parsifal en projetant la scène finale de 2001 Odyssée de l’Espace où le cosmonaute survivant du vaisseau spatial, David Bowman, à l’approche de la mort, voit devant son lit le terrible monolithe, avant de s’éteindre pour renaître sous la forme d’un gigantesque fœtus astral. L’idée du survivant est nodale dans Parsifal, même si elle renvoie encore plus directement à la mythologie personnelle de Warlikowski. Mais Parsifal au fond ne parle de rien d’autre, c’est une renaissance, celle d’Amfortas, mais aussi celle du rôle-titre, et une mort, celle de Titurel, et au-delà de tout cela une réflexion têtue sur l’avenir du monde et le destin des sociétés humaines.

On a pensé un instant que cette projection préalable, un rien appuyée, viendrait béquiller le spectacle. Mais non, ce n’est qu’un aveu ; pas une symbolique, mais une émotion. Oui Warlikowski est un rêveur, comme tous les poètes. Il invite David Bowman dans son spectacle, afin d’essayer d’aider Parsifal sur le chemin de la connaissance, comme il invite un enfant, omniprésent durant l’acte II, dont on sent confusément qu’il est le double de Parsifal, ou mieux Parsifal enfant encore jusqu’au moment où Kundry lui révèlera la blessure. L’innocence, la première identité du chaste fol. Au début du III, autre projection, dans le silence - enfin ce qu’une salle obtuse et un public grossier laissent encore comme maigre espace à un silence souhaité -, appelé par une scène funambulesque d’Allemagne année zéro de Roberto Rossellini où l’on voit le petit Edmund Koeler jouant dans les ruines d’un immeuble d’où il va se jeter. Un enfant avant son suicide. Les portes ouvertes par cette suggestion sont multiples, on ne les refermera pas ici.

Ces deux indications cinématographiques se coulent plus logiquement dans le discours de l’œuvre que celles apposées d’une manière un rien trop voyante sur le formidable spectacle de L’Affaire Makropoulos la saison passée. Si Makropoulos se déroulait dans le cadre unique et pourtant modifiable d’un cinéma, Warlikowski nous transporte cette fois dans l’amphithéâtre d’une salle de médecine légale ; le livret de Wagner parle assez de douleur et de mort pour que cette translation soit évidente. Le décor garde quelques éléments du film - les lavabos et leurs miroirs rappellent celui de la chambre Louis XVI dans laquelle David Bowman vieillit et meurt, et parfois propose son contraire : ainsi au IIIe Acte l’enfant a échappé aux ruines et à la mort, comme Parsifal en fait, enfin investi de sa mission salvatrice, et cultive un jardin devant le cercueil de Titurel.

On peine ici a retracer toutes les corrélations de sens, les translations poétiques que Warlikowski produit avec une virtuosité qui ne se perçoit pourtant pas. Car ces arrière-plans nourris aux profondeurs de l’œuvre sont comme tissés dans une trame plus immédiate qu’une direction d’acteur qu’on en peut que qualifier de géniale anime tout au long des cinq heures du spectacle. Et quel spectacle !

Quasiment sans provocation, en tous cas sans aucune gratuité : même ce Klingsor devenu magicien de cabaret, même ces filles-fleurs années folles derrière leurs tables de bar, putes de luxe guettant avec une sorte de fatigue, de lassitude, le client, proposent une vérité et non simplement une fantaisie, jusque dans leur rapt de Parsifal, attaché en caleçon à sa chaise. Ces déductions logiques mettent un peu de poil à gratter pour ceux qui veulent en trouver. Il n’est pas certain que le metteur en scène ait voulu apporter de l’eau à ce moulin-là.

On ne vous dira rien de l’Acte III. Sachez simplement que pour nous la vérité de l’œuvre y est pour la première fois totalement incarnée, avec une poésie simplement déchirante. Comme un bonheur n’arrive jamais seul le cast atteint lui aussi à la perfection, avec quelques bémol mineurs : après un quart de siècle de fréquentation du rôle, Waltraud Meier est la plus évidentes des Kundry, même si elle force sa voix et ne trouve plus pour Ich sah das Kind le legato et les couleurs qu’elle y mettait voici peu encore, et Alexander Marco-Buhrmester, Amfortas touchant, n’a pas tout à fait les moyens de son emploi : son baryton un peu clair s’effrite dans un vibrato envahissant. Mais pour Gurnemanz, l’humanité douloureuse de Franz Josef Selig est une bénédiction, pour les quelques phrases de Titurel, la voix abyssale de Victor von Halem distille son sépulcre terrible, et le Klingsor stylé d’Evegny Nikitin tourne le dos à toute une certaine tradition d’histrionisme.

Deux Chevaliers du Graal luxueux et percutant (Gunnar Gudbjörnsson et Scott Wilde), choisis certainement par Warlikowski pour leur intrigante gémellité, des Filles-Fleurs poétiques et précises, emmenées par le soprano cinglant de Valérie Condoluci, en fosse la direction pulsée et dramatique d’Hartmut Haenchen portée par un Orchestre de l’Opéra de Paris au sommet de son art, tous s’inclinaient devant Christopher Ventris, possédé par le destin du chaste fol, transcendé par la direction d’acteur hallucinante de Krzysztof Warlikowski.

Simplement l’un des spectacles absolus dont on ait croisé la route.

Jean-Charles Hoffelé

Richard Wagner, Parsifal, Opéra Bastille, le 4 mars, puis les 7, 11, 14, 17, 20 et le 23 mars 2008 (le spectacle débute à 18h).

Programme détaillé de l’Opéra Bastille

Photo : Eric Mahoudeau/Opéra de Paris

      LES ACTUALITES DE MARS 2008   
 

Actualités de l’Orchestre Philharmonique de Radio France

Paris - Compte-rendu : Diana Damrau, étincelante et poète

Vos réactions : Bernard GAVOTY aurait cent ans, déjà ! Merci à Jacques DOUCELIN de nous le rappeler

16ème Printemps Musical de Saint-Cosme – Naissance d’un orchestre

Vos réactions : Carte blanche Frédéric Lodéon - to be or not to be

Paris - Compte-rendu : Mireille Delunsch classique et romantique

Paris - Compte-rendu : Un chef-d’œuvre discret retrouvé par le Châtelet : Padmâvatî

Vos réactions : Carte blanche Frédéric Lodéon - Drillon Moussorgski

DVD : Otello, avec Del Monaco

DVD : une Khovanchtchina à la distribution exemplaire

La Forêt bleue - Féerie oubliée

Nancy - Compte-rendu : Andrea Chénier - Un souffle révolutionnaire

Paris - Compte-rendu : Le miracle Muti

Vos réactions : Chronique J. Doucelin - Gavoty

Paris - Compte-rendu : Rien ne trouble les vrais pro

Le LSO au duo dijon sans leurs instruments

Paris - Compte-rendu : De la force d’un livret : Rake’s Progress relu par Olivier Py

Nice - Compte-rendu : L’autre Giuditta

Lyon - Compte-rendu : Un Nô lyrique - Lady Sarashina de Eötvös

Le Libertin recommence

Paris - Compte-rendu : Messe, sortilèges, rédemption – Parsifal à la Bastille

Bruxelles - Compte-rendu : La vérité sur Wozzeck ?

concertclassic.com © 2007  
Contact - L'équipe - cgv billetterie - cgv DVD - Professionels - Revue de presse - La newsletter