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Cette représentation fut une vision de défroques poussiéreuses disparaissant face au miroir qui ne reflète que le vide. En ce sens « Cadmius et Hermione » est peut-être un spectacle emblématique de la pédanterie de certains « artistes ». Pour être clair : pourquoi vouloir faire du baroque une curiosité de musée que l’on exhibe devant quelques curieux en tentant de leur faire croire : « nous sommes les garants d’une langue, d’une prononciation, d’une déclamation correspondant à une vérité historique et seuls capables de faire comprendre la beauté et la grandeur de l’œuvre ».
Mais encore faut-il savoir de quoi l’on parle (je renvoie ici ces « artistes » à de nombreux ouvrages et notamment aux « remarques sur la langue françoise » d’Olivet parues en 1753) et ne pas vouloir faire d’une langue utilisée il y moins de trois siècles un ersatz des peplums italiens des années 50 qui, eux, n’avaient pas la prétention de retrouver la pureté historique d’une époque.
Il ne s’agit pas là d’une querelle secondaire mais de l’avenir même de ce genre d’œuvres.
Certains, et je pense notamment à Philippe Lenael, ont su, en leur temps, tout en respectant l’esprit d’une époque, en montrer toute la modernité.
Imagine-t-on aujourd’hui une troupe de théâtre monter des pièces avec de supposés accents ou prononciation d’époque, ne s’appuyant sur aucune réalité historique, sur aucun fondement scientifique sinon à simple titre de curiosité, de gag ou de divertissement ?
Ce qui, pour les auteurs de ce « bal des vampires », est certainement présenté comme de l’audace n’est que l’expression de la maladie qui ronge notamment la musique baroque et risque de la confiner dans les « musiques anciennes » uniquement destinées à être conservées sous cellophane.
Espérons que cette production marque enfin l’acmé de cette maladie !
André Dane
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